Ces dossiers brûlants sur la table de la Cedeao

Manifestant

Crédit photo, Getty Images

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se dit préoccupée par les événements au Sénégal, suite au report de l’élection présidentielle. Les ministres des Affaires étrangères de l’organisation se réunissent en session extraordinaire ce jeudi pour examiner la situation.

Cette réunion, dit-on, est préparatoire à la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation dont la date n’est pas encore connue.

Il est à noter que la réunion des ministres des Affaires étrangères de la CEDEAO abordera également la situation du Mali, du Niger et du Burkina Faso qui ont annoncé leur retrait de l’organisation.

La Cedeao "préoccupée" par la situation au Sénégal

On connaît déjà la position de l’institution communautaire sur la situation au Sénégal. Après l’adoption de la loi sur le report de la présidentielle par l’Assemblée nationale du Sénégal, la CEDEAO a sorti un communiqué dans lequel elle dit suivre « avec préoccupation » les événements dans le pays.

L’organisation a ensuite demandé un rétablissement du calendrier électoral. « La CEDEAO encourage la classe politique à prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour rétablir le calendrier électoral », lit-on dans le communiqué.

Elle a appelé en outre à éviter « toute action susceptible de troubler davantage la paix et la stabilité du pays », avant d’exhorter les forces de l’ordre et de sécurité à « faire preuve de la plus grande retenue et à protéger les droits fondamentaux ».

Au Sénégal, la tension reste encore palpable, notamment dans le paysage politique. L’opposition a déposé auprès du Conseil constitutionnel « une requête aux fins de poursuite du processus électoral.» Un appel à manisfester vendredi est relayé depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.

Un calme précaire règne pour l’heure dans la capitale sénégalaise et ses périphéries, en témoigne le dispositif mis en place dans la capitale sénégalaise.

Un retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger sous conditions

Les chefs d'Etat de la CEDEAO

Crédit photo, AUTRES

Légende image, Les chefs d'Etat de la CEDEAO
Ignorer Promotion WhatsApp et continuer la lecture
BBC Afrique est sur WhatsApp

Des informations vérifiées à portée de main

Cliquez ici et abonnez-vous !

Fin de Promotion WhatsApp

Le bloc régional de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO, a déclaré que les trois pays du Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, doivent satisfaire aux exigences du traité de sortie de l'Union avant d'être autorisés à partir.

Cette réaction est intervenue jeudi lors de la réunion extraordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO à Abuja.

Les trois pays ont annoncé le 28 janvier qu'ils quittaient la CEDEAO et ont envoyé des notifications formelles à l'organisation le jour suivant.

S'adressant à la réunion, le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, a déclaré que la décision du Burkina Faso, du Mali et du Nigeria de quitter l'organisation était précipitée et ne tenait pas compte des conditions de retrait.

Il y a une période d'un an avant que la sortie de l'Union ne soit effective. Il a également noté que les trois États membres n'ont pas vraiment réfléchi aux implications de leur décision pour leurs citoyens.

Plus d'une semaine après avoir annoncé leur retrait de la CEDEAO, les voisins du Sahel ont à nouveau fait part de leur intention de la quitter immédiatement.

La réunion des Ministres peut être une préparation à la rencontre que les dirigeants des pays de l’organisation auront pour réfléchir sur ces problèmes.

La réunion, selon un communiqué publié par la Cedeao sur son site Internet, est une réunion spéciale, avec la présence des membres du comité de médiation et du conseil de sécurité au niveau ministériel, qui siégeront pour des discussions sur la situation dans laquelle se trouve la région de l’Afrique de l’Ouest en termes de sécurité et d’autres problèmes politiques.

Depuis le 28 janvier, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont annoncé leur intention de se retirer de la Cedeao.

Et mercredi, les trois pays, tous dirigés par les militaires après le renversement des gouvernements civils, ont confirmé la décision de se retirer de la Cedeao avant la réunion du groupe.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté l’organisation à la suite des sanctions, surtout économiques imposées par la Cedeao après les coups d'État militaire intervenus dans ces pays.

Les experts en politique, comme le professeur Jibrin Ibrahim, pensent que les dirigeants de l’espace communautaire devraient être prudents et se concentrer sur les membres de l’organisation, sinon ils perdront la face.

L'expert a déclaré que la Cedeao est sérieusement en difficulté parce que quatre de ses membres l’ont quitté, en plus du Sénégal qui est entré dans une situation critique avec la constitution du pays qui a été retouchée.

"Si 5 pays sur 15 se retrouvent dans cette situation, alors l'organisation dans son ensemble pourrait s'effondrer et la question sur la sécurité serait encore plus compromise", a déclaré le professeur Jibrin Ibrahim.

Même si la position radicale des dirigeants la Cedeao de punir les putschistes par des sanctions imposées à ces pays, se retourne contre l’organisation aujourd’hui, le professeur Jibrin Ibrahim a déclaré que ce n'est pas un échec s'ils se rétractent pour sauver le bloc.

"La Cedeao doit trouver un moyen de discuter avec eux et de trouver une solution, pas de leur montrer la force, ils ont été laissés de côté et c'est un problème pour tous les pays d'Afrique de l'Ouest, car leur force diminue, ils souffrent tous de la faim", a-t-il ajouté.

Quel espoir pour le peuple nigérien au sujet des sanctions ?

Même si l’opinion diverge sur le soutien ou non des nouvelles autorités militaires au Niger, l’impact des sanctions de la CEDEAO affecte tout le monde.

Kassoum Moukhtar, ancien ministre au gouvernement du président Bazoum renversé par l'armée au Niger, a déclaré qu'il était nécessaire que les dirigeants de la CEDEAO adoptent le style de la carotte et du bâton, et toute action au lieu d'être une solution jettera le groupe dans la confusion :

"L'embargo de sept mois est un tourment pour notre peuple au Niger, donc ils devraient le retirer, s'ils le remarquent, ils verront que même après avoir imposé l'embargo, le peuple nigérien ne cessera de soutenir les soldats. Cela montre l'action entreprise par la Cedeao. La communauté ne l'accepte pas."

"La Cedeao doit être basée sur la communauté et suivre la voie qui vise l’intérêt de tous", a déclaré Kassoum Moukhtar.