"Je suis mort pendant 40 minutes - voici ce que cela m'a appris sur la vie"

Patrick souriant dans le studio en tant qu'invité de Ready to Talk
Légende image, Patrick Charnley s'est réveillé d'un coma avec une lésion cérébrale qui a changé sa perspective sur la vie.
    • Author, Alex Taylor
  • Temps de lecture: 6 min

Mourir ne donne généralement pas une nouvelle vie à quelqu'un, mais c'est exactement ce qui est arrivé à Patrick Charnley.

Il était un brillant avocat d'affaires qui considérait les temps morts comme du « temps perdu » et se poussait sans relâche vers le succès.

Mais après avoir travaillé de longues heures pendant la pandémie de 2021, ce père de deux enfants en excellente forme physique a été victime d'un arrêt cardiaque à l'âge de 39 ans.

Ce qui avait commencé comme une soirée banale à manger des saucisses et des frites sur le canapé s'est terminé par son évanouissement.

À cause d'une maladie héréditaire, son cœur s'est arrêté. Patrick est resté cliniquement mort pendant 40 minutes. Sa femme lui a fait un massage cardiaque, tandis que sa fille et son fils, alors âgés de neuf et sept ans, ont couru chercher de l'aide.

Les tentatives de défibrillation des ambulanciers ont échoué. Alors que sa vie s'éteignait peu à peu, ils ont essayé des injections d'adrénaline comme « une sorte de dernier coup de poker », explique Patrick.

Ils « m'ont électrocuté encore et encore », ajoute-t-il. Sa femme a commencé à craindre qu'il soit perdu.

Puis, soudain, son cœur s'est remis à battre.

Patrick s'est réveillé après une semaine de coma, transformé, avec une lésion cérébrale qui affecte sa vue, sa mémoire et son endurance.

Incapable de travailler et de vivre comme avant, il estime que cela lui a permis d'être plus présent dans la vie et dans ses relations.

C'est un changement de perspective, explique-t-il dans le podcast Ready to Talk d'Emma Barnett, qu'il « ne changerait pour rien au monde », même s'il avait la possibilité de retrouver son ancienne vie.

« Je me suis réveillé aveugle. »

Pourtant, le chemin vers l'acceptation actuelle a été profondément traumatisant.

« Je me suis réveillé aveugle », raconte Patrick à propos de son premier souvenir au réveil. « Je vivais ces choses, mais sans vraiment les comprendre. »

La perte de sa vue a déclenché des hallucinations très vives. Connu sous le nom de syndrome de Charles Bonnet, ce phénomène est la manière dont le cerveau « comble » le manque soudain de données visuelles.

Si certaines de ces hallucinations étaient « effrayantes », d'autres étaient « géniales » et étrangement belles, dit-il.

Patrick souriant, assis dans un bar en bord de mer, portant des lunettes de soleil

Crédit photo, Patrick Charnley

Légende image, Patrick le jour de son 40e anniversaire, six mois après son arrêt cardiaque
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Dans l'un d'eux, après son opération à cœur ouvert, il était convaincu qu'une infirmière américaine essayait de l'assassiner.

Mais ces hallucinations pouvaient aussi lui apporter le calme. L'une d'elles l'emmenait dans un sanatorium dans les Alpes, où il contemplait les montagnes enneigées tandis que les infirmières discutaient à côté. Cette expérience lui procurait un sentiment de sécurité « bienheureux ».

Alors que sa vision revenait progressivement, les médecins ont compris que ses problèmes oculaires étaient liés à une lésion cérébrale. Sa vue reste partiellement altérée, comparable à « regarder à travers un télescope ».

Les premiers tests cognitifs l'ont classé dans les 2 % les plus faibles en matière de mémoire et de vitesse de traitement. Bien qu'il ait considérablement progressé, il a encore parfois du mal à retenir des informations immédiates.

Mais l'impact total de ses blessures n'est apparu clairement qu'une fois rentré chez lui.

« Je mène une existence plus riche »

Une fatigue intense l'oblige à gérer son énergie. « Je ne me réveille jamais en pleine forme. Je me réveille épuisé tous les jours, et cela empire au fil de la journée », explique-t-il.

Il a également dû s'adapter à des changements psychologiques. Patrick s'est rendu compte qu'il « se fichait de tout » après son rétablissement initial. Il ne s'agissait pas d'une dépression à proprement parler, mais d'un état connu sous le nom d'apathie pathologique, que Patrick décrit comme le sentiment de « flotter dans le temps » sans repères solides.

La thérapie et les médicaments l'ont aidé à retrouver sa motivation, et un psychologue l'a encouragé à faire le deuil de la vie qu'il avait perdue. Pourtant, Patrick dit que la spontanéité de la vie lui manque, tout comme le fait de s'intégrer parmi les gens de son âge en « participant à la société » comme on l'attend de lui, et de jouer activement avec ses enfants.

Il éprouve également des regrets envers sa femme, à qui il estime avoir « externalisé » sa mémoire. « En réalité, c'est elle qui s'occupe de moi », admet-il.

« Je vis en quelque sorte comme si j'étais très, très vieux. »

Malgré ces changements considérables, Patrick affirme préférer cette vie à bien des égards. Il a changé de carrière pour devenir auteur et dit avoir désormais plus de temps pour profiter de la vie.

« Je vis désormais au ralenti, non par choix, mais par nécessité. Mais j'apprécie vraiment cela. Je vois beaucoup plus la beauté des choses qu'auparavant... J'ai l'impression de mener une existence beaucoup plus riche en vivant plus lentement », explique-t-il.

« Ma perspective a fondamentalement changé. Je suis reconnaissant d'être en vie. »

Patrick assis, contemplant le Lake District avec ses enfants, qui trempent leurs pieds dans l'eau.

Crédit photo, Patrick Charnley

Légende image, Patrick en vacances avec ses enfants dans le Lake District

Ses relations avec sa famille se sont également améliorées.

Il est désormais capable de rire avec eux des particularités de son état. « Je pense que nous sommes plus soudés que jamais, vraiment... Nous sommes beaucoup plus proches grâce à ce qui nous est arrivé », ajoute-t-il.

« Ma famille a toujours été ma priorité, mais aujourd'hui, je peux m'y consacrer beaucoup plus. Avant, je ne faisais que la surface », explique-t-il.

La situation unique de Patrick lui a permis de se libérer du quotidien professionnel.

« Beaucoup de gens ont ce sentiment... Je suis trop occupé pour vivre ma vie. Je ne changerais rien à ce qui m'est arrivé.

« Même avec ces contraintes, j'aime ma vie actuelle. J'aime être à la maison quand les enfants rentrent de l'école. J'aime ne pas courir d'une tâche à l'autre. »