Ces compagnonnages brisés par le pouvoir en Afrique

Le président kenyan William Ruto (au centre) se tient debout tandis que le vice-président kenyan Rigathi Gachagua (à droite) et l'ancien président Uhuru Kenyatta (à gauche) se serrent la main au Moi International Sports Center Kasarani à Nairobi, au Kenya, le 13 septembre 2022

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Des alliances de plus en plus fragiles où l'amitié, souvent à leur insu, se mue rapidement en rivalité.
    • Author, Isidore Kouwonou
    • Role, BBC News Afrique

La lutte pour le pouvoir, l'échec de la gouvernance ou les désaccords liés à la politique interne des coalitions ou partis politiques et les ambitions personnelles finissent souvent par créer des fissures entre des partenaires politiques ou des amis portés au pouvoir par un même rêve.

Des alliances devenant de plus en plus fragiles, l'amitié, même sans le savoir, se transforme rapidement en rivalité. L'ambition des uns de contrôler le pouvoir et le désir des autres de le conserver, mènent à des trahisons ou à des séparations.

En Afrique, l'histoire s'est répétée à plusieurs reprises dans de nombreux pays. Les divergences observées ces derniers jours au sommet de l'Etat au Sénégal dans le tandem Diomaye-Sonko amène aujourd'hui à se poser la question sur la qualité des alliances qui portent ces duos au pouvoir.

Au Sénégal, avant Diomaye-Sonko, d'autres duos, Senghor-Dia, Diouf-Thiam, Wade-Seck ont connu les mêmes mésaventures. A la nomination d'Ousmane Sonko comme Premier ministre par Bassirou Diomaye Faye, beaucoup se sont demandés si le duo pourrait cette fois-ci résister à ce sort.

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Les événements de ces derniers jours risquent de légitimer ces craintes émises par des esprits avertis aux premières heures de M. Sonko à la Primature.

Bien évidemment, il n'y a pas que le Sénégal. Le continent regorge de ces exemples d'amitiés à la tête des pays, mais qui n'ont pas réussi à résister à l'usure du temps ou à des rêves qui finissent par prendre des chemins différents.

Retour sur ces duos qui ont dirigé des pays en Afrique et qui se sont par la suite laissés détruire par des rivalités et autres divergences liées à des ambitions personnelles ou partisanes.

Sankara-Compaoré au Burkina Faso : une longue amitié à la fin tragique

Blaise Compaoré (à gauche) et Thomas Sankara, tous deux en tenues militaires et souriant.

Crédit photo, Capture d'écran Youtube

Légende image, Mais « l'origine de leur brouille, c'est la politique », a confié la veuve de Thomas Sankara lors d'un entretien avec la BBC.

Thomas Sankara et Blaise Compaoré, ces deux noms marqueront à jamais l'histoire du Burkina Faso. Des amis inséparables, des frères d'armes dans les années 1970 qui ont mis fin à la présidence de Jean-Baptiste Ouédraogo par le coup d'Etat de 1983.

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Dans « Sankara le rebelle », une biographie consacrée au leader révolutionnaire burkinabè, écrit en 1987 par le journaliste malgache Sennen Andriamirado « la rencontre entre Thomas Sankara et Blaise Compaoré se produira au Maroc, lors d'un stage au Centre des parachutistes de Rabat, de janvier à mai 1978 ».

« De là, date notre amitié. On ne se quittait plus. C'est à cette époque que nous avions pris l'habitude de manger ensemble tous les jours », écrit le journaliste qui cite Blaise Compaoré.

Mais « l'origine de leur brouille, c'est la politique », a confié la veuve de Thomas Sankara lors d'un entretien avec la BBC.

« Le problème est apparu quand ils étaient au pouvoir ensemble. J'ai toujours pensé qu'ils avaient les mêmes idées, mais il y a une différence de vision à un moment donné », a-t-elle expliqué.

La militante révolutionnaire burkinabè, Germaine Pitroipa a déclaré à BBC News Afrique qu'« ils dormaient sur la même natte mais n'avaient pas les mêmes rêves ».

« Thomas connaissait la profondeur du peuple burkinabé et il avait l'âme du peuple. Blaise n'était pas un révolutionnaire. La première fois que j'ai vu Blaise j'ai dit à Valère Somé (ancien ministre et ami de Sankara) que celui-là ne pouvait pas être révolutionnaire parce qu'il portait une Rolex en 1982. On ne nait pas révolutionnaire on le devient mais le comportement de Blaise ne présageait pas qu'il pouvait devenir révolutionnaire. Mais Sankara nous assurait qu'il pouvait répondre de lui ».

Serge Théophile Balima, ancien conseiller en communication de Thomas Sankara, souligne que « sur le plan idéologique et politique, les deux conceptions n'étaient plus les mêmes. Thomas Sankara était plutôt assez doctrinaire, intransigeant sur les questions idéologiques alors que Blaise Compaoré, peut-être par réalisme, par realpolitik, était plus conciliant, plus axé vers le compromis ».

Lors d'un entretien avec Jeune Afrique le 4 novembre 1987, Blaise Compaoré a abordé ses divergences avec Thomas Sankara.

« Nous avons essayé de l'épauler au maximum mais son entourage l'a beaucoup influencé. Nous aurions pu concilier nos positions sur l'avenir du pays mais c'est le débat qui a manqué : ou plutôt le refus du débat a conduit au dénouement dramatique que nous avons connu. Thomas a incarné, à un moment de sa vie, l'espoir de notre peuple. Par manque de modestie il n'a pas su combler cet espoir », a déclaré M. Compaoré quelques semaines après le décès de son ami et frère d'arme.

Thomas Sankara est mort assassiné dans des circonstances troubles le 15 octobre 1987, mais demeure jusqu'aujourd'hui une icône sur le continent, surtout auprès de la jeunesse. Blaise Compaoré a été chassé de la tête du Burkina Faso par une révolution populaire le 31 octobre 2014, après 27 ans au pouvoir.

Mugabe-Mnangagwa au Zimbabwe : clash entre le mentor et son filleul

Robert Mugabe (à gauche) en veste noire, chemise blanche et cravate bleue jaune et son Vice-président Emmerson Mnangagwa.

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Cette amitié, complicité ou alliance au sommet de l'Etat a fini par basculer dans une rivalité.

Fidèle lieutenant et protégé de Robert Mugabe, ancien président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa est demeuré dans une longue alliance avec son mentor. Une amitié qui a duré près de cinq décennies depuis la guerre de 1960.

Emmerson Mnangagwa a gravi les échelons du pouvoir aux côtés de son mentor Robert Mugabe et a même rejoint le parti Zanu-PF pour sa loyauté. Devenu Vice-président du Zimbabwe, Mnangagwa était considéré comme successeur potentiel de Mugabe.

Mais cette amitié, complicité ou alliance au sommet de l'Etat a fini par basculer dans une rivalité, tellement la question sur la succession de Robert Mugabe créait du remous au sein du système. La relation entre les deux hommes devenant difficile, Mugabe a fini par limoger son Vice-président Emmerson Mnangagwa en 2017.

Selon les informations, ce limogeage était une manœuvre du vieux chef d'Etat pour placer son épouse Grâce Mugabe dans la course à la présidence de la République, pour sa succession.

La situation a provoqué l'intervention de l'armée qui a pris le contrôle du pays, contraignant Robert Mugabe à la démission et installant Mnangagwa comme président par intérim à la tête du pays.

Le vieux président s'est senti trahi et s'est opposé à son ancien ami, le critiquant ouvertement sur les médias, allant jusqu'à déclarer qu'il voterait contre lui lors de la présidentielle de 2018.

Cette rivalité a subsisté même après la mort de Robert Mugabe dont la femme, Grâce Mugabe, a refusé la proposition d'Emmerson Mnangagwa de l'enterrer au National Heroes Acre. Il a été finalement inhumé dans son village natal.

Ghazouani–Abdelaziz en Mauritanie : une amitié brisée aux portes du pouvoir

Le président sortant de Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz (à droite), et le nouveau président élu, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, assistent à la cérémonie de prestation de serment, dans un centre de conférences à Nouakchott, le 1er août 2019.

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Lorsque l'ancien président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz soutenait en mars 2019 son plus proche ami Mohamed Ould Ghazouani pour briguer la magistrature suprême, il ne savait pas que ce dernier allait plus tard le jeter en prison.

Beaucoup ont d'ailleurs pensé que même après le départ d'Abddelaziz du pouvoir, il continuerait de diriger le pays avec son filleul et ami Ghazouani et même recevrait des ordres de lui. C'est avec lui qu'il a opéré le coup d'Etat qui l'a porté au pouvoir en 2008.

Mais l'ancien chef d'Etat-major qui avait jusque-là préféré vivre dans l'anonymat, à l'ombre des caserne et en qui son mentor faisait beaucoup confiance, a présenté un autre visage dès son accession au pouvoir.

Il n'a fallu que trois mois après son arrivée au pouvoir pour qu'il s'impose. Après avoir calmé les tensions dans le pays et s'être rapproché de deux figures de l'opposition, Mohamed Ould Bouamatou et Moustapha Chafi, ennemis jurés de son mentor, Mohamed Ould Ghazouani a créé une commission d'enquête parlementaire pour faire un audit des deux mandats de Mohamed Ould Abdelaziz.

Abddelaziz est poursuivi pour corruption et blanchiment d'argent, entre autres. D'abord en résidence surveillée, il a été ensuite placé en détention préventive dans une villa sécurisée au sein de l'Ecole de police de Nouakchott durant le procès.

Il a finalement été condamné à 5 ans en première instance le 4 décembre 2023, avec confiscation de ses biens et la déchéance de ses droits civiques.

Mohamed Ould Abdelaziz a toujours clamé son innocence.

Ouattara-Soro en Côte d'Ivoire : de complices à rivaux

Guillaume Soro (à gauche), en veste bleue avec une écharpe aux couleurs de la Côte d'Ivoire et Alassane Ouattara, l'actuel chef d'Etat en exercice.

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Légende image, Les tensions se sont intensifiées entre les deux hommes à mesure que les ambitions politiques de Soro sont devenues plus prononcées, notamment son désir de briguer la présidence, ce qui a créé un désaccord avec Ouattara.

Après l'arrestation de Laurent Gbagbo à la suite de la grande crise politique de 2010-2011 qui a basculé la Côte d'Ivoire dans une guerre, la relation entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro s'est solidifiée et les deux personnalités sont devenues des figures importantes de la gestion du pays.

Soro a été un allié clé lors de la rébellion du Nord de la Côte d'Ivoire et a joué un rôle crucial dans la crise post-électorale de 2010-2011, qui a abouti à l'élection d'Alassane Ouattara.

Pour ses bons et loyaux services, Guillaume Soro attendait, après la réforme constitutionnelle de 2016 un poste de vice-président, pour mieux se positionner comme le dauphin d'Alassane Ouattara. Mais pour les cadres du RHDP, il ne faisait pas partie de ceux qui portaient réellement le parti.

Au fil du temps, la relation Ouattara-Soro est devenue complexe et a évolué de l'alliance au conflit, principalement en raison des ambitions politiques de Soro et de la gestion de l'héritage politique commun.

Les tensions se sont intensifiées à mesure que les ambitions politiques de Soro sont devenues plus prononcées, notamment son désir de briguer la présidence, ce qui a créé un désaccord avec Ouattara.

Les poursuites judiciaires contre Soro et sa condamnation à 20 ans de prison pour détournement de biens publics en 2020 a envenimé les choses. Des tentatives de réconciliation par le biais de médiateurs, notamment en 2024 après plusieurs années de silence, n'ont pas réussi à sauver les meubles.

Cette situation a profondément polarisé la scène politique ivoirienne, mettant en lumière l'échec du parti unifié RHDP voulu par Ouattara, car il ne parvenait pas à intégrer tous les anciens alliés, y compris Soro.

Malgré sa volonté de revenir en Côte d'Ivoire, notamment pour participer à la dernière élection présidentielle du 25 octobre 2025 qui a vu la victoire d'Alassane Ouattara pour un quatrième mandat, Guillaume Soro est resté en exil.

Barrow-Darboe : une alliance vite oubliée

Adama Barrow (à gauche) et Ousainou Darboe.

Crédit photo, AFP

Le Parti démocratique unifié (UDP) de Ousainou Darboe faisait partie de la coalition d'opposition grâce à laquelle Adama Barrow a été élu en 2017.

Selon la charte fondatrice de la « Coalition 2016 », M. Barrow devrait diriger un gouvernement provisoire avant de se retirer pour laisser place à une élection présidentielle anticipée à laquelle l'ensemble des candidats d'opposition allait se présenter dans des conditions pleinement libres et démocratiques.

Mais Adama Barrow revient au cours de son mandat sur sa promesse électorale de se retirer au bout de trois ans.

L'alliance politique entre les deux hommes s'est rapidement muée en une relation complexe qui a conduit le président à limoger son Vice-président en mars 2019.

Le limogeage de M. Darboe a été annoncé dans un communiqué publié par la présidence gambienne, qui n'a pas dévoilé les raisons de son départ du gouvernement.

Goita-Maïga au Mali : une caution civile devenue dérangeante pour le pouvoir militaire

Le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga (au centre à gauche) et le président malien de transition Assimi Goita (au centre à droite) attendent le défilé des milices lors de la cérémonie célébrant la fête nationale de l'armée, à Kati, le 20 janvier 2022

Crédit photo, Getty Images

Choguel Maïga, l'ancien Premier ministre du Mali, qui est finalement tombé en disgrâce et limogé, servait d'une « caution civile » pour la junte qui a pris le pouvoir après le coup d'Etat de 2020.

Nommé en juin 2021, Choguel Maïga a travaillé avec dévouement aux côtés de la junte. Mais les tensions nées de désaccords publics sur la gestion de la transition politique, ont amené M. Maïga à accuser la junte de le tenir à l'écart des décisions et de vouloir prolonger indéfiniment la transition.

En novembre 2024, après des propos virulents de Maïga dénonçant le manque de concertation et le report de la transition, les militaires ont réagi en exigeant sa démission. Mais c'est à la télévision nationale le 20 novembre 2024 que le Premier ministre a appris son limogeage par le président de la Transition Assimi Goita.

Choguel Maïga a continué ses critiques envers la junte. Il a été finalement accusé d'« atteinte aux biens publics, faux et usage de faux », inculpé puis placé sous mandat de dépôt en août 2025.

Ruto-Gachagua au Kenya : une alliance brisée par des émeutes

Le président William Ruto (à gauche) et le vice-président Rigathi Gachagua

Crédit photo, Getty Images

Légende image, Après plusieurs mois de conflits entre les alliés d'hier, le sénat a prononcé la destitution de Rigathi Gachagua le 17 octobre 2024.

William Ruto, le président du Kenya avait choisi Rigathi Gachagua comme colistier lors des élections de 2022, et il est ainsi devenu Vice-président du pays. Le duo dirigeait tranquillement le pays lorsque les émeutes ont éclaté l'année dernière contre l'augmentation des impôts.

Les alliés du président au parlement ont accusé Gachagua de saper le gouvernement, de promouvoir une politique de division ethnique, d'avoir joué un rôle dans l'alimentation des manifestations meurtrières qui ont secoué le pays en juin 2024 et d'être impliqué dans la corruption.

Mais les jeunes en première ligne dans les manifestations ont rejeté l'argument selon lequel Gachagua serait derrière les émeutes. La situation a finalement créé des brouilles avec Ruto qui aurait menacé son Vice-président de destitution.

M. Gachagua a même fait l'objet d'une procédure de destitution fondée sur dix motifs, dont la corruption, la discrimination ethnique et la contradiction avec les politiques gouvernementales.

Il maintient son innocence et s'est engagé à lutter contre la motion de destitution.

Après plusieurs mois de conflits entre les alliés d'hier, le sénat a prononcé la destitution de Rigathi Gachagua le 17 octobre 2024.

A 59 ans, accusé de corruption et abus de pouvoir, il devient ainsi le premier vice-président écarté du pouvoir dans le cadre d'une procédure prévue par la Constitution de 2010.

Biya-Ahidjo au Cameroun : d'une succession douce à une rupture brutale

Paul Biya (à droite) et Ahmadou Ahidjo

Crédit photo, Capture d'écran Youtube

Une relation chaleureuse entre le président Ahmadou Ahidjo et son Premier ministre Paul Biya dans les années 1980, a rapidement basculé en une rupture brutale marquée par des accusations de complot et de procès contre Ahidjo.

Après la démission du président Ahidjo en 1982 pour soucis de santé, il a été remplacé par le Premier ministre Paul Biya en vertu de la Constitution.

Les tensions nées ensuite entre les deux hommes ont poussé le président démissionnaire à l'exil, ce dernier estimant que le régime de Paul Biya est devenu un "régime policier de terreur".

En août 1983, Biya annonce un complot des partisans d'Ahidjo visant à l'assassiner. Ahmadou Ahidjo est alors condamné à mort par contumace pour trahison, bien qu'étant hors du pays.

Ahmadou Ahidjo décède en exil au Sénégal le 30 novembre 1989.

Dos Santos-Lourenço en Angola : d'une relation harmonieuse à la chasse aux sorcières

José Eduardo dos Santos (à gauche) et João Lourenço, tous deux vêtus de chemise rouge.

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José Eduardo dos Santos a dirigé l'Angola d'une main de fer pendant 38 ans (1979 à 2017), avec son parti, le Mouvement de libération MPLA.

En 2017, il s'est retiré de la politique et a choisi lui-même João Lourenço, alors ministre de la Défense, pour lui succéder.

Ce qu'on présentait comme une relation harmonieuse est devenue une guerre en raison de la lutte anticorruption menée par Lourenço contre les proches de son prédécesseur.

Il a limogé des membres de la famille dos Santos et d'autres figures clés du régime précédent qui occupaient des postes de responsabilité. La famille dos Santos, quant à elle, n'a cessé de dénoncer une "persécution" et une "déstabilisation".

L'ancien président a exprimé son désarroi face à l'ampleur des changements et a eu des relations tendues avec Lourenço, allant jusqu'à refuser l'utilisation des moyens de l'État pour ses déplacements.

Les deux hommes ont eu des échanges publics, Dos Santos critiquant la radicalité des changements.

José Eduardo dos Santos est décédé le 8 juillet 2022 à Barcelone. La même année, João Lourenço a été réélu pour un second mandat.

Wade-Seck au Sénégal : un mentorat qui n'a pas résisté à l'exercice du pouvoir

Le président Aboudoulaye Wade (à gauche) en costume noir et cravate rouge et son Premier ministre Idrissa Seck (à droite) qui lui sourit.

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Directeur de campagne d'Aboudoulaye Wade en 1988, Directeur de Cabinet du président nouvellement élu de 2000 à 2002, puis Premier ministre de 2002 à 2004, Idrissa Seck a été l'homme de confiance de tous les temps de son mentor.

Mais la relation entre les deux hommes n'a pas résisté à l'exercice du pouvoir, les soupçons de corruption, de détournement de fonds publics, les luttes de pouvoir et la rivalité politique étant passés par là.

Wade a fini par accuser son ami de détournement de 44 milliards de francs CFA, des fonds prévus pour les travaux de modernisation de Thiès, la deuxième ville sénégalaise, dont Idrissa Seck était le maire à l'époque.

« Il faut qu'il explique aux Sénégalais comment l'argent a été utilisé. Il n'y aura alors aucun problème », avait déclaré le président sénégalais.

Le Premier ministre Idrissa Seck a été limogé en 2004. Il a été arrêté et mis en prison en juillet 2005, mais bénéficiera d'un non-lieu et sera libéré le 7 février 2006.

Il a toujours clamé son innocence.