La Guinée équatoriale confirme la première flambée épidémique de la maladie de Marburg

Crédit photo, SEYLLOU/AFP via Getty Images
- Author, Jean Charles Biyo’o Ella
- Role, BBC Afrique
- Reporting from, Yaoundé
Les autorités de Guinée équatoriale ont déclaré lundi que le pays avait signalé sa première épidémie de virus de Marburg, une maladie hautement infectieuse de la même famille de virus qui cause Ebola.
Neuf personnes sont soupçonnées d'être mortes de la fièvre hémorragique virale dans la province occidentale de Kie Ntem.
D'autres tests effectués sur un échantillon prélevé et expédié à l'Institut Pasteur de Dakar, au Sénégal, se sont révélés positifs.
L'Organisation mondiale de la santé indique que 16 personnes sont désormais en quarantaine en tant que cas contacts suspects. L'organisme de santé a déployé une équipe d'experts dans la région pour soutenir les agents de santé.
La semaine dernière, le ministre de la Santé du pays, Mitoha Ondo'o Ayekaba, a déclaré que des enquêtes préliminaires liaient les décès à des personnes ayant assisté à une cérémonie funéraire.
Les déplacements ont été restreints autour de deux villages où la plupart des cas ont été signalés. La recherche des contacts est actuellement en cours.
Il s'agit de la première épidémie enregistrée dans le pays et la troisième en Afrique au sud du Sahara. Le Ghana a confirmé un cas l'année dernière et la Guinée aussi, l'année précédente.
Le Cameroun durcit les conditions d’entrée à la frontière avec la Guinée équatoriale
Après le décès, il y a quelques semaines de plusieurs personnes dans certains villages de la Province de Kie-Ntem en Guinée équatoriale, les autorités camerounaises ont annoncé le durcissement des conditions d’entrée sur le territoire aux populations à la frontière avec la Guinée-Équatoriale.

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L’émergence de fièvres hémorragiques virales est une préoccupation mondiale.
Les autorités camerounaises qui travaillent déjà en collaboration avec leurs homologues Équato-Guinéennes et l’OMS ont restreint à titre préventif les mouvements des populations à la frontière.
L’objectif est de limiter tout risque d’importation de la maladie, car chaque jour, des milliers de personnes traversent la frontière pour se rendre d’un côté comme de l’autre.
Dans un communiqué publié vendredi, le ministre Camerounais de la Santé Publique, a annoncé des investigations en cours pour rechercher activement ceux des camerounais ayant été en contact avec ces personnes décédées "de manière suspecte" en Guinée-équatoriale.
Surveillance épidémiologique
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Le ministre a invité la population à respecter les "précautions d’hygiène standards" telles que "se laver les mains avec de l’eau propre, éviter le contact avec des animaux sauvages malades ou trouvés morts, laver les aliments et les consommer bien cuits".
Un dispositif de surveillance et de riposte épidémiologique a été mis en place en 2016 pour éviter l’importation du virus Ébola puis renforcé en 2020 avec la pandémie à Covid-19.
Le ministre de la Santé Publique a appelé le personnel soignant à notifier immédiatement et d’isoler tout cas ou décès suspect dans les districts de santé frontaliers à la Guinée-Équatoriale.
Il a demandé également aux populations de signaler toute personne présentant une hémorragie provenant de tout orifice naturel ou de toute personne manifestant une fatigue, céphalées ou une fièvre sévère, des symptômes pouvant être considérées comme des signes annonciateurs de cette épidémie redoutée.
Se voulant rassurant, le ministre à tout de même rappelé :
"Il n’y a pas de raison de s’alarmer étant entendu que notre dispositif de surveillance et de riposte éventuelle est bien en place et renforcé".
Virus de Marburg : qu'est-ce que c'est ?
Le virus est transmis aux humains par les chauves-souris frugivores et se propage entre les humains par la transmission de fluides corporels.
Bien qu'il n'y ait pas de vaccins ou de traitements, il est conseillé aux personnes diagnostiquées de boire beaucoup d'eau pendant que les médecins traitent les symptômes spécifiques d'un patient.
Des flambées précédentes et des cas sporadiques de Marburg en Afrique ont été signalés en Angola, en République démocratique du Congo, au Kenya, en Afrique du Sud et en Ouganda.
















