Goma : quels sont les risques liés au volcan Nyiragongo ?

- Author, Pamela Bamanay
- Role, Correspondante à Kinsasha
La ville de Goma dans la province du `Nord-Kivu dans l'est de la République Démocratique du Congo est loin d'être hors du danger.
En effet, 10 quartiers sur les 18 qu'elle compte sont évacués à cause du risque élevé d'éruption avec l'aide des organisations humanitaires présentes dans la région.
Près d'un tiers des habitants de la ville sont concernées.
Les habitants de ces quartiers reçoivent jeudi l'ordre de se déplacer vers Sake, une ville située à 24 km à l'ouest de Goma, mais d'autres choisissent de se rendre à l'est, au Rwanda.
Les autorités rwandaises dirigent ces personnes vers une école secondaire et le centre de Nkamira, un ancien camp de réfugiés, tous deux situés dans le district de Rubavu.
Tôt ce matin, les autorités locales affirme que les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu.
Au moins 31 personnes sont mortes lors de l'éruption du Nyiragongo le week-end dernier.

Sur le même sujet
Deux importantes fissures dans le sol - de plusieurs centaines de mètres de long - sont apparues dans la ville, située à un peu plus de 10 kilomètres du volcan.
Les habitants sont invités à transporter "le strict minimum pour donner à chacun la possibilité de monter à bord" des véhicules qui sont fournis par l'autorité provinciale dans chaque district.

Un certificat négatif de Covid-19 est demandé pour ceux qui souhaitent se rendre plus à l'est dans les villes de Musanze ou de la capitale Kigali. Pendant ce temps, des centaines d'habitants de Gisenyi au Rwanda quittent également la ville vers l'est, alors que des secousses continuent de secouer la ville.Jeudi, l'observatoire sismique du Rwanda signale de nouveaux tremblements de terre d'une magnitude de 4,9.
Qu'a dit le gouverneur militaire de Goma?

Dans son adresse à la population, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général Constant Ndima annonce qu'on ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac Kivu.
Des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau fui la ville de Goma, en République démocratique du Congo, par crainte d'une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo.
Le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu a ordonné l'évacuation de dix quartiers de la ville.
Le général Costant Ndima affirme qu'une éruption pourrait se produire sans signaux préalables.
"Le retour dans les foyers ne peut se faire que sur recommandation de l'autorité provinciale", annonce chef de l'exécutif provincial.
A ne pas manquer sur BBC Afrique :
À quel point est-ce dangereux ?

Crédit photo, Reuters
A en croire les experts de l'Observatoire volcanologique de Goma, le gaz provenant du volcan Nyiragongo, dissous dans les eaux profondes du lac , surtout le CO2, pourraient asphyxier toutes les espèces vivant autour du lac Kivu du côté congolais et rwandais, et cela peut causer des milliers de morts dans les deux pays.
L'interaction du magma avec l'eau du lac, la déstabilisation du volume de gaz dissous sous le lac Kivu et l'émission de gaz en surface sont potentiellement dangereux pour les populations exposées aux émanations.
Quels sont les risques liés aux coulées de lave du volcan Nyiragongo ?

Crédit photo, Reuters
Les quartiers évacués sont exposés aux risques liés aux coulées de laves qui se sont installés dans les fissures crées par les nombreux tremblements de terre ressentis dans la ville et qui ne sont pas prévisibles pour le moment, alerte, l'OVG
"Nous recommandons et rappelons qu'il est très important de rester à l'écart des trajectoires des coulées de lave qui représente un danger de mort par asphyxie ou brulure sévère. » prévient le général Constant Ndima, gouverneur militaire de la ville.
Il recommande cependant à la population de rester vigilante et à l'écoute des informations transmises par les autorités compétentes, étant donné que la situation peut changer rapidement. La situation est sous surveillance constante et une mise à jour de ces recommandations sera faite régulièrement.

Le porte-parole parole du gouvernement congolais Patrick Muyaya , en se référant au données des experts, précise qu' il y a quatre risques majeurs:
This article contains content provided by Google YouTube. We ask for your permission before anything is loaded, as they may be using cookies and other technologies. You may want to read the Google YouTube cookie policy and privacy policy before accepting. To view this content choose 'accept and continue'.
Fin de YouTube publication
- l'accentuation des tremblements de terre
- le risque d'une éruption volcanique secondaire (environ 400 séismes depuis le 22).
- le risque d'explosion des poches de gaz sous le magma
- et enfin le risque de toxicité de l'atmosphère
Comment les résidents de Goma réagissent-ils ?

Crédit photo, Reuters
Après l'adresse du gouverneur militaire le général Constant Ndima, la ville est devenue deserte en moins de quelques heures. Pris de panique, la population n'a pas attendu les moyens d'évacuations mis en place par le gouvernement en collaborations avec les organisations humanitaires installées dans la région. Plusieurs personnes ont pris la route en direction de Sake, la ville voisine, d'autres ont traversé le lac Kivu par bateaux pour atteindre la ville de Bukavu.
"Actuellement dans la ville de Goma, même les chiens ont fui la ville. Nous avons tout laissé, nous avons fermé nos maisons avec de gros cadenas pour éviter que des voleurs s'introduisent en notre absence, mais je vous avoue que nous vivons une situation difficile", témoigne un habitant de Goma interrogé par la BBC.
Pour un autre, tout en se plaignant de la situation actuelle, il affirme qu'il devient difficile de s'approvisionner dans la ville : "je voulais faire quelques courses avant de prendre la route mais je vous dis que c'est mission impossible. Les banques sont fermées, les magasins, les marchés et j'ai même eu du mal à récupérer mon argent via le mobile money. J'espère que le volcan va se calmer très vite parce que c'est dure pour nous et le pire c'est que nous ne savons pas où nous allons mais il faut d'abord quitter la ville".
Les autorités locales ont annoncé que les services de sécurité public vont effectuer des patrouilles pour sécuriser les biens et les personnes. En attendant, les habitants de Goma devraient attendre les recommandations de l'autorité provinciale avant de regagner leurs domiciles.
Vous pourriez aussi être intéressés par :














