Certains militaires et politiciens sabotent la lutte contre Boko Haram au Nigeria

Dans une réaction d'une rare violence, le gouverneur de l'état du Bornou au nord du Nigeria a accusé certaines personnes de saboter la lutte contre les insurgés.

Les commentaires du gouverneur lors d'une interview à la BBC, font suite à une attaque des plus meurtrières jamais enregistrée au Nigeria contre des ouvriers agricoles dans son État, samedi 28 novembre dernier.

40 personnes atrocement mutilées, ont été tuées par une bande armée venue dans la localité à moto.

Babagana Zulum, le gouverneur de l'État de Borno, déclare que le gouvernement fédéral du Nigeria doit faire plus pour vaincre l'insurrection de Boko Haram, qui en est maintenant à sa onzième année.

Il a déclaré que les communautés du nord-est se trouvent maintenant confrontées à deux choix difficiles : "soit rester chez elles et mourir de faim, soit aller dans leurs fermes et se faire tuer par les insurgés de Boko Haram".

Dans l'entretien avec la BBC, il a appelé à plus d'actions militaires contre les militants, au recrutement de plus de jeunes locaux dans les forces de sécurité et à l'amélioration des conditions de vie de la population.

Babagana a également déclaré que bien que la situation sécuritaire se soit améliorée au cours des cinq dernières années, le gouvernement nigérian doit s'attaquer à la corruption et à ce qu'il appelle le "sabotage" afin de réussir dans la lutte contre l'insurrection.

Toutefois selon la BBC, M. Zulum, qui a lui-même survécu à plusieurs attaques de militants contre son convoi au cours des derniers mois, n'a pas nommé spécifiquement ceux qu'il blâme d'avoir fait échouer la guerre.

L'attaque de samedi, au cours de laquelle des dizaines d'ouvriers agricoles ont été poignardés à mort dans le village de Koshebe, est considérée comme l'une des attaques les plus meurtrières contre les civils dans la région cette année 2020 .

Le président Buhari n'aurait pas tenu promesse

Mettre fin à l'insurrection était l'une des principales promesses de campagne du président Buhari lorsqu'il a été élu pour la première fois en 2015.

Mais aujourd'hui, de nombreux Nigérians semblent déçus car les militants de Boko Haram et de sa faction dissidente connue sous le nom d'État islamique de la province d'Afrique de l'Ouest, ont continué à mener des attaques dévastatrices sur des cibles militaires et civiles.

Les gangs criminels enlèvent aussi fréquemment des personnes contre rançon dans d'autres régions du pays, ce qui aggrave les problèmes de sécurité du Nigeria.

Les tueries de civils ont augmenté au Nigeria et dans le Sahel

Des chiffres fournis par l'ONU, font été d'une nette augmentation du nombre des victimes des attaques perpétrées par les djihadistes.

L'ONU estime que plus de 4000 décès ont été enregistrés rien que pour l'année 2019. Ces derniers mois, les violences se sont intensifiées et le nombre de victimes est en constante augmentation.

Au Nigeria, la situation s'est nettement dégradée dans la région de Borno où est né Boko Haram crée en 2002 par Mohamed Yusuf.

Outre les attentats, les forces de défense et de sécurité sont régulièrement citées dans des actes de violation des droits de l'homme.

Des millions de personnes vivent dans l'insécurité et sans aucun accès à l'aide humanitaire.

Les autorités nigérianes qui nient les abus des forces de sécurité attribuent tous les crimes aux "djihadistes".

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