Emery Mwazulu Diyabanza: la France inflige une amende de 1000 € à l'activiste congolais

Emery Mwazulu Diyabanza devant le musée du Quai Branly à Paris le 2 octobre 2020

Crédit photo, Reuters

Légende image, Emery Mwazulu Diyabanza qualifie le Quai Branly de musée des "objets volés"

L'activiste Emery Mwazulu Diyabanza est condamné à une amende de 1000 € (650 000 francs CFA) pour avoir pris un objet d'art africain d'un musée parisien pour protester contre le pillage par la France à l'époque coloniale.

Emery Mwazulu Diyabanza s'est emparé d'un poteau funéraire en bois provenant du Tchad du XIXe siècle du musée du Quai Branly en juin lors d'une manifestation qui a été retransmise en direct.

Il a expliqué qu'il était "venu réclamer les biens volés à l'Afrique".

En lui infligeant une amende pour vol qualifié, le juge a déclaré qu'il voulait «décourager» des cas similaires.

"Vous avez d'autres moyens d'attirer l'attention des politiciens et du public" sur la question du vol des biens culturels coloniaux, indique le juge.

Capture d'écran d'Emery Mwazulu Diyabanza saisissant le poteau funéraire

Crédit photo, YouTube

Légende image, Les militants ont filmé le moment où ils ont pris le poteau funéraire de ses fixations
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Trois autres activistes qui ont rejoint Diyabanza au musée ont reçu des amendes avec sursis de 250 €, 750 € et 1000 €, rapporte l'agence de presse AFP. Un quatrième a vu les charges abandonnées contre lui.

Dans la vidéo d'une demi-heure publiée sur YouTube, Diyabanza est vue en train d'arracher le poteau de ses fixations. Avec l'aide des autres militants, il le transporte ensuite à travers le musée en criant "nous le ramenons à la maison" mais il est empêché par les gardes de sortir du musée.

Diyabanza, originaire de la RD Congo, a mené des manifestations similaires dans d'autres villes françaises et aux Pays-Bas.

Il a déclaré au New York Times le mois dernier que c'est le fait de devoir payer mon propre argent pour voir ce qui avait été pris par la force, cet héritage qui appartenait à mon pays d'origine, qui m'a décidé à agir"

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Il décrit le Quai Branly comme un "musée contenant des objets volés". Le poteau funéraire dont il s'est emparé aurait été un cadeau d'un médecin et explorateur français.

Un rapport commandé par le président Macron en 2018 a dénombré quelque 90000 objets africains, dont la plupart étaient des objets d'art et des objets culturels d'Afrique subsaharienne.

La semaine dernière, les députés français ont voté pour rendre au Bénin et au Sénégal des objets précieux qui ont été saisis à l'époque coloniale et qui ont été exposés dans des musées parisiens. Les objets incluent le trône du roi Glele du Bénin et une épée et un fourreau qui auraient appartenus au résistant et homme religieux sénégalais, Elhadji Omar Saidou Tall.

La France n'est pas le seul pays confronté à des manifestations pour des objets volés lors de l'époque coloniale. Au Royaume-Uni, un homme de 33 ans, Isaiah Ogundele, a été reconnu coupable par contumace le mois dernier de comportement menaçant lors d'une manifestation à la galerie liée à l'esclavage du Museum of London après avoir apparemment renversé un certain nombre de sculptures de leurs socles.