Réduction de la vitesse d'Internet: des Tchadiens dénoncent l'impact de la mesure

Le débit d'Internet au Tchad a été réduit pour éviter la propagation de "messages haineux" sur les réseaux sociaux, a affirmé le ministre de la Communication.

"La diffusion de messages d'incitation de haine et de division" a poussé le gouvernement à prendre "cette mesure temporaire" le 22 juillet, qui sera "levée d'un moment à l'autre", admet le ministre Mahamat Zene Cherif, porte-parole du gouvernement.

Selon Vincent Niébédé, le correspondant de la BBC à Ndjamena, cette mesure a un impact sur le business des entrepreneurs. Ernestine, entrepreneuse dans le domaine du commerce en ligne déplore cette décision: "tu dépenses plus pour ton business et cela génère une baisse de recettes".

Légende audio, Réactions d'entrepreneurs et d'étudiants tchadiens à la faible vitesse d'internet

Les étudiants aussi ont d'énormes difficultés à accéder à leurs cours en ces temps de pandémie. "Cela affecte mes études parce que cela empêche les recherches. Le coût des données est plus élevé avec le VPN", dénonce Falona Noudjimadji, étudiante.

Vidéo virale

Cette décision survient après la diffusion d'une vidéo d'un officier tchadien, lors d'une altercation avec des mécaniciens le 14 juillet, tire à bout portant sur deux d'entre eux avant d'être lui-même attaqué à l'arme blanche.

Selon un communiqué du procureur de la République, "un des jeunes succomba des suites de ses blessures" tandis que l'officier, hospitalisé, "sera traduit en justice une fois guéri".

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Le militaire est très critiqué sur les réseaux sociaux et la polémique a pris une telle ampleur que le président Déby a réagi à l'occasion des célébrations de l'Aïd al-Adha.

Sans évoquer directement le blocage d'internet ou la vidéo, il s'est focalisé sur le service de messagerie WhatsApp et les VPN, des logiciels qui permettent de contourner le blocage de l'internet local.

"WhatsApp et VPN ne sont pas créés pour s'insulter, pour cultiver la déchirure du tissu national ou pour critiquer des ethnies", a dit M. Déby.