RD Congo - M23 : qui a abattu l'hélicoptère de la Monusco dans l'est du Congo ?

Crédit photo, Monusco
- Author, Emery Makumeno
- Role, Journaliste BBC News, Kinshasa
Les rebelles du M23 ont nié avoir abattu l'hélicoptère des casques bleus de l'ONU qui a disparu dans la zone de combat qui les oppose à l'armée de la RD Congo, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
"Cet avion a été touché par des tirs des FARDC", déclare le Maj Willy Ngoma, porte-parole du M23, à la BBC Grands Lacs.
Dans une déclaration faite mardi soir, les rebelles ajoutent que pendant que l'armée loyale pilonnait leurs positions, un mortier de 122 mm a touché l'avion des casques bleus avec huit personnes à bord.
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L'armée et les rebelles se sont mutuellement accusés d'avoir abattu l'hélicoptère.
"Ce mouvement récidiviste M23, vient d'abattre dans la zone qu'il contrôle, l'un des deux hélicoptères de reconnaissance de la mission des nations unies pour la stabilisation en RDC", a déclaré mardi le Général Sylvain Ekenge Bomusa, porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu.
Quelle est la réaction de l'ONU ?
Les Nations unies ont condamné l'incident, mais ont refusé de désigner un responsable alors que les enquêtes se poursuivent.
La mission de l'ONU n'a pas encore révélé la cause du crash de l'appareil. Les Nations unies ont déclaré qu'elles enquêtaient sur la mort de six soldats pakistanais, d'un russe et d' un serbe décédés lors du crash de l'hélicoptère.
"Leurs corps ont été retrouvés et ramenés à Goma [principale base des forces de l'ONU]", a écrit la MONUSCO sur Twitter, tout en présentant ses condoléances aux gouvernements et aux familles des personnes décédées.
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Les forces armées pakistanaises ont pleuré la mort de leurs six soldats de la paix à bord. Sur Twitter, le ministre de l'information, Fawad Hussain, a qualifié les soldats décédés de "cœurs courageux" en publiant leur photo.
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L'ONU compte plus de 15 000 casques bleus, soit la plus grande présence au monde, dans l'est de la RD Congo, régulièrement critiquée par la population locale pour avoir failli à sa mission.
Quelle est la situation dans le Nord-Kivu ?
Les rebelles du M23, qui avaient été chassés de la RD Congo en 2013, se sont regroupés et ont repris des zones stratégiques depuis lundi.
Selon l'ONU, plus de treize mille personnes ont fui leur foyer dans la région de Rutushuru, au Nord-Kivu, et sont passées en Ouganda, alors que les affrontements entre les rebelles et l'armée congolaise se poursuivent.
Selon certaines informations, l'Ouganda et le Rwanda ont déployé des troupes à leurs frontières avec la RD Congo en raison des affrontements.
Plus tôt, la RD Congo a déclaré que certains soldats rwandais soutenaient les rebelles, une allégation démentie par Kigali.
Qui sont les rebelles du M23 ?
Le groupe a été formé en grande partie par des déserteurs de l'armée congolaise qui ont pris les armes en accusant le gouvernement de marginaliser la minorité ethnique tutsie du pays.
Les rebelles du M23 ont capturé une grande partie du Nord-Kivu il y a dix ans. Ils ont finalement été mis en déroute et, dans le cadre d'un accord de paix régional, désarmés et déplacés pour la plupart dans des camps en Ouganda.

Crédit photo, AFP
Cependant, au cours des derniers mois, ils ont peu à peu quitté les camps après s'être plaints du non-respect de l'accord.
Les combattants se sont nommés ainsi en référence à un accord de paix signé le 23 mars 2009 par le gouvernement et une ancienne milice pro-Tutsi.












