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Israël et Gaza : l'escalade de la violence fait plus d'une centaine de morts
L'armée israélienne a indiqué que des forces aériennes et terrestres ont participé à des attaques vendredi, mais qu'elles ne sont pas entrées dans Gaza.
Des vidéos en provenance de la ville de Gaza ont montré le ciel nocturne illuminé par les explosions de l'artillerie, des canonnières et des frappes aériennes israéliennes.
Quelque 119 personnes ont été tuées à Gaza et huit en Israël depuis le début des combats lundi.
Pendant ce temps, des foules juives et israélo-arabes s'affrontent à l'intérieur d'Israël, ce qui a incité son président à mettre en garde contre une guerre civile.
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a ordonné un "renforcement massif" des forces de sécurité pour réprimer les troubles internes qui ont entraîné l'arrestation de plus de 400 personnes.
La police affirme que les Arabes israéliens sont responsables de la plupart des troubles et rejette l'accusation selon laquelle ils ne font rien pendant que des bandes de jeunes juifs ciblent des maisons arabes.
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Pendant ce temps, des foules juives et israélo-arabes s'affrontent à l'intérieur d'Israël, ce qui a incité son président à mettre en garde contre une guerre civile.
Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a ordonné un "renforcement massif" des forces de sécurité pour réprimer les troubles internes qui ont entraîné l'arrestation de plus de 400 personnes.
La police affirme que les Arabes israéliens sont responsables de la plupart des troubles et rejette l'accusation selon laquelle ils ne font rien pendant que des bandes de jeunes juifs ciblent des maisons arabes.
Les violences de cette semaine à Gaza et en Israël sont les pires depuis 2014. Elles interviennent après des semaines de montée des tensions israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est, qui ont culminé avec des affrontements sur un lieu saint vénéré à la fois par les musulmans et les juifs. Le Hamas, le groupe militant qui dirige Gaza, a commencé à tirer des roquettes après avoir averti Israël de se retirer du site, déclenchant des frappes aériennes de représailles.
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, s'est dit "gravement préoccupé" par la poursuite des violences.
Lors d'un appel téléphonique au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken a condamné les attaques à la roquette du Hamas mais a déclaré qu'Israël avait l'obligation d'éviter les pertes civiles.
Il a indiqué qu'il avait envoyé le secrétaire d'État adjoint Hady Amr pour rencontrer les deux parties.
M. Netanyahu a déclaré que le gouvernement utiliserait toutes ses forces pour protéger Israël des ennemis de l'extérieur et des émeutiers de l'intérieur.
Mais l'Autorité palestinienne a condamné l'"agression militaire" d'Israël dans un tweet, affirmant qu'elle "traumatisait une population déjà assiégée de deux millions de personnes".
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Que se passe-t-il à Gaza ?
À Gaza, les Palestiniens, craignant une incursion des troupes israéliennes, ont fui les zones proches de la frontière avec Israël. Les habitants qui ont quitté Shejaiya, dans la ville de Gaza, ont signalé que des obus tombaient sur les maisons.
"Nous avions l'impression d'être dans un film d'horreur", a dit Salwa Al-Attar, résidente locale, qui a échappé aux bombardements avec sa famille. "Les avions étaient au-dessus de nous, et les chars et la marine bombardaient - et nous ne pouvions pas bouger. Les enfants, les femmes et les hommes criaient."
L'armée israélienne a affirmé avoir mené une opération pendant la nuit pour détruire un réseau de tunnels du Hamas qu'elle a surnommé "le métro", mais aucune troupe n'est entrée dans Gaza. Elle a ajouté qu'au cours de la soirée de jeudi et de la matinée de vendredi, 220 projectiles supplémentaires ont été tirés depuis la bande de Gaza.
Dans le sud d'Israël, une femme de 87 ans est morte après être tombée en se rendant dans un abri anti-bombes près d'Ashdod. D'autres zones, dont Ashkelon, Beersheba et Yavne, ont également été visées.
Le ministère de la santé de Gaza a annoncé que 27 enfants figuraient parmi les personnes tuées depuis le début des combats, et que de nombreux autres civils avaient péri. Six cents autres habitants de Gaza ont également été blessés. Israël affirme que des dizaines de personnes tuées à Gaza étaient des militants, et que certains des décès ont été causés par des roquettes mal tirées depuis Gaza.
Les militants de Gaza ont commencé à tirer des roquettes sur Israël lundi soir, et Israël a répondu en frappant des cibles dans le territoire.
Mercredi, Israël a indiqué avoir tué de hauts responsables du groupe Hamas à Gaza, et visait également des sites de lancement de missiles.
"Ce n'était que le début. Nous allons leur infliger des coups qu'ils n'ont jamais imaginé", avait dit le Premier ministre israélien.
Le Hamas - qui dirige Gaza - a confirmé la mort de son commandant et d'autres "guerriers".
"Des milliers de dirigeants et de soldats suivront leurs traces", a souligné le Hamas dans un communiqué rapporté par l'agence de presse Reuters.
Le ministère russe des Affaires étrangères a cité dans un communiqué un porte-parole du Hamas expliquant que le mouvement était prêt à un cessez-le-feu si Israël arrêtait ses "actes violents" à Jérusalem-Est et ses "mesures illégales à l'égard de ses résidents arabes autochtones".
Selon le ministère de la santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 360 personnes ont été blessées depuis le début du conflit.
Les Forces de défense israéliennes (FDI) ont déclaré mercredi que leurs frappes sur Gaza étaient les plus importantes depuis le conflit de 2014.
Mercredi, une troisième tour d'habitation a été détruite à Gaza.
Le Hamas a déclaré qu'il était furieux que "l'ennemi prenne pour cible des tours d'habitation".
Les habitants avaient été avertis d'évacuer les bâtiments avant l'attaque des avions de chasse, mais les responsables de la santé ont déclaré qu'il y avait encore des morts parmi les civils.
Cinq membres d'une même famille ont été tués dans une frappe aérienne mardi, dont deux jeunes frères, selon l'agence de presse AFP.
Yasmine, une habitante de Gaza âgée de 11 ans, a déclaré à Save the Children que la nuit de mardi avait été la pire de sa vie.
"J'avais mal à l'estomac à cause de la peur et mes parents essayaient de me réconforter et de me dire que les bombardements étaient loin, mais je sentais qu'ils étaient proches", a-t-elle déclaré à l'organisation caritative. "Demain, c'est l'Aïd et nous ne le fêterons pas à cause de ce conflit".
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Que se passe-t-il en Israël ?
Dans une déclaration publiée tôt ce vendredi matin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'opération militaire du pays contre les combattants palestiniens se poursuivrait "aussi longtemps que nécessaire". Il a ajouté que le Hamas paierait un lourd tribut, tout comme les autres "groupes terroristes".
Un porte-parole militaire du Hamas a assuré que le groupe était prêt à donner de "dures leçons" à l'armée israélienne si elle décidait de lancer une incursion terrestre.
Jeudi, l'armée israélienne a rappelé 7 000 réservistes et déployé des troupes et des chars près de sa frontière avec Gaza. Elle a déclaré qu'une offensive terrestre dans la bande de Gaza était une option envisagée, mais qu'une décision n'avait pas encore été prise.
Selon Tsahal, des millions d'Israéliens se sont dirigés vers des abris anti-bombes mercredi soir, alors que des sirènes avertissant de la présence de roquettes ont retenti dans tout le pays.
Mercredi matin, un soldat israélien a été tué par un missile anti-char tiré depuis Gaza vers Israël, selon les autorités.
Des rapports contradictoires ont été publiés sur le sort d'un garçon de six ans touché par une roquette tirée sur la ville de Sderot, certains affirmant qu'il était mort dans l'attaque.
Deux personnes, un homme et sa fille adolescente, ont été tuées à Lod lorsqu'une roquette a touché leur voiture. Il s'agissait de deux Arabes israéliens.
La police israélienne a fait état de ce qu'elle a appelé de violentes émeutes dans des dizaines de régions du pays au cours de la nuit, avec 270 personnes arrêtées.
Des synagogues et des commerces de Lod ont été incendiés.
M. Netanyahu a qualifié les émeutes d'"insupportables" et a déclaré qu'elles rappelaient au peuple juif son passé.
La police israélienne avait annoncé que Lod serait placé sous couvre-feu de 20h00 heure locale mercredi à 04h00 jeudi afin de préserver la sécurité et les biens des résidents.
Quelle est la cause de ces violences ?
Les combats entre Israël et le Hamas ont été déclenchés par l'escalade des affrontements entre les Palestiniens et la police israélienne au sommet d'une colline sacrée à Jérusalem-Est.
Ce site est vénéré à la fois par les musulmans, qui l'appellent Haram al-Sharif (Noble Sanctuaire), et par les juifs, pour qui il est connu sous le nom de Mont du Temple. Le Hamas a demandé à Israël de retirer la police de ce site et du quartier voisin à majorité arabe de Sheikh Jarrah, où des familles palestiniennes risquent d'être expulsées par des colons juifs. Le Hamas a lancé des roquettes lorsque son ultimatum est resté lettre morte.
La colère des Palestiniens avait déjà été alimentée par des semaines de tension croissante à Jérusalem-Est, attisée par une série d'affrontements avec la police depuis le début du mois sacré islamique du ramadan à la mi-avril.
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Elle a été alimentée par la menace d'expulsion de familles palestiniennes de leurs maisons à Jérusalem-Est par des colons juifs et par la célébration annuelle par Israël de sa prise de Jérusalem-Est lors de la guerre du Moyen-Orient de 1967, connue sous le nom de Journée de Jérusalem.
Le sort de la ville, qui revêt une profonde signification religieuse et nationale pour les deux parties, est au cœur du conflit israélo-palestinien qui dure depuis des décennies. Israël a en effet annexé Jérusalem-Est en 1980 et considère la ville entière comme sa capitale, bien que cela ne soit pas reconnu par la grande majorité des autres pays.
Les Palestiniens revendiquent la moitié orientale de Jérusalem comme la capitale d'un État qu'ils espèrent être le leur.