Coronavirus : Colère et incompréhension contre la décision américaine sur les visas d'étudiants étrangers

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- Author, Alexandrine Holognon
- Role, BBC News
Le gouvernement Trump a décidé de retirer les visas américains pour la nouvelle année universitaire aux étudiants étrangers dont les cours se déroulent entièrement en ligne, une décision qui va affecter de nombreux étudiants africains.
"Ma première réaction c'est que c'était du fake news, parce que je ne pouvais pas croire que l'administration puisse juste jeter les étudiants internationaux à la première difficulté", déclare Emmaus Sémodji, étudiant en doctorat en ingénierie biomédicale dans l'Idaho.
Le service américain de l'immigration et des douanes (ICE) a déclaré que les personnes concernées pourraient être expulsées à moins qu'elles ne changent d'établissement pour suivre des cours en présentiel.
Un certain nombre d'universités américaines envisagent de dispenser les cours ligne à la rentrée universitaire en raison de la pandémie de coronavirus. Selon la déclaration de l'ICE, cette décision concerne les étudiants qui se trouvent aux États-Unis avec des visas F-1 et M-1, dont de nombreux étudiants africains. On ne sait pas exactement combien de personnes seront touchées.
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Pour les étudiants concernés par cette décision, c'est l'incompréhension totale, plusieurs n'ont pas voulu y croire.
Certains Etats ont décidé de contester en justice cette décision.
D'autres s'activent pour trouver des solutions alternatives.
Entre doute et incertitudes, les étudiants africains aux Etats-Unis ont appris la nouvelle sur les réseaux sociaux ou par le bouche à oreille. Après l'effet de surprise, Emmaus Sémodji, s'est tourné vers son université pour avoir la confirmation et voir les mesures qui seront prises.
"Jusqu'ici, je n'ai pas eu de retours officiels des autorités de l'Université sur le problème mais avec mon directeur de recherche on a un peu discuté de la situation et la loi concerne plus les universités qui vont opérer totalement en ligne. Donc il y a une possibilité que si l'université offre des cours qui sont en personne, on pourra échapper à cette loi", affirme l'étudiant.
Mais la difficulté à cette alternative, ce sont les infections au coronavirus qui grimpent dans plusieurs états américains. Les étudiants étrangers se retrouvent donc à devoir choisir entre risquer leur vie dans des salles de classe et se faire expulser.

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Certes, les étudiants concernés peuvent s'inscrire dans une école avec des cours en personne pour conserver leur statut légal mais ils ont peu de temps pour le faire et d'autres difficultés sont également à redouter selon Aristide Sidibe, administrateur d'enseignement fondamental et secondaire au Texas.
"Les écoles reprennent dans quelques semaines seulement, ce qui ne donne pas aux étudiants le temps de trouver d'autres écoles qui donnent la possibilité de continuer leur scolarité", explique-t-il.
"Ce n'est pas seulement un problème de changer d'école, quand tu es très avancé dans les études, l'école où tu vas a une certaine limite de crédits que tu peux prendre ce qui fait que tout ce que tu as fait précédemment ou une bonne partie peut être inutile. Tu as payé beaucoup d'argent et cela va être complètement volatilisé. Deuxièmement si tu fais une certaine filière et que là où tu veux aller, tu trouves une école mais qui n'a pas cette filière, comment faire ? Quand tu changes de filière, les cours que tu as suivis auparavant sont complètement inutiles. Donc il y a plusieurs problèmes", détaille Aristide Sidibe.
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Pour d'autres étudiants, même si le retour dans leur pays d'origine est envisageable, cela n'est pas souhaitable.
"Ce serait malheureux de ne pas pouvoir avoir encore une année d'expérience après le diplôme parce que c'est ce qui nous aide en tant qu'étudiants internationaux quand nous venons aux Etat-unis. Il nous faut l'expérience académique et professionnelle, mais si tu as juste l'expérience académique et que tu rentres au pays ce n'est pas l'idéal", déclare Deborah Kobe, étudiante au Texas.
Pour l'instant, certaines universités envisagent des cours hybrides, une partie en ligne et d'autres en présentiel mais cela dépendra de l'évolution de la pandémie.













