Sept pays africains dans lesquels les troupes américaines ont été déployées

Des soldats américains forment une colonne. Derrière eux flotte le drapeau américain

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Le président américain Donald Trump a ordonné à l'armée de son pays de se tenir en alerte pour d'éventuelles attaques contre des groupes « terroristes » qui, selon lui, commettaient des massacres de chrétiens au Nigeria, « et que le gouvernement ne protégeait pas ».

Trump n'a pas mentionné le massacre, mais les allégations de meurtres de chrétiens au Nigéria continuent de retenir l'attention de certains républicains américains.

Les organisations de surveillance des conflits affirment qu'il n'existe aucune preuve que les chrétiens soient tués plus fréquemment que les musulmans au Nigéria, et que les attaques terroristes touchent les deux camps.

Le gouvernement nigérian a également rejeté les accusations de « génocide » contre les chrétiens, déclarant que le Nigeria accueillait favorablement toute mesure visant à l'aider à mettre fin aux activités des groupes « terroristes ».

Mais l'aspect le plus frappant de cette affaire est la façon dont le président américain a laissé entendre que les États-Unis pourraient mener une action militaire contre le Nigeria, pays le plus peuplé et le plus riche en pétrole d'Afrique.

BBC Hausa a examiné des pays africains où les forces américaines sont intervenues au nom de la lutte contre des problèmes tels qu'une pandémie ou la lutte contre le « terrorisme ».

Somalie (1992–1994)

Un soldat américain en uniforme pose avec un fusil d'assaut

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La Somalie fut l'un des pays où les États-Unis déployèrent d'importants moyens militaires au début des années 1990.

Alors que le pays était en proie à la guerre civile et à une grave famine, les États-Unis envoyèrent des troupes pour apporter leur soutien, acheminer l'aide humanitaire et maintenir la paix lors d'une opération baptisée ''Restore Hope'' (Restaurer l'espoir).

Cela a conduit à la célèbre « bataille de Mogadiscio » en 1993, qui a attiré l'attention internationale sur les difficultés d'une intervention militaire dans une guerre civile.

Les États-Unis ont lancé des frappes aériennes contre les combattants d'Al-Shabab et se sont alliés au gouvernement somalien pour vaincre ce groupe.

En janvier 2024, il a été rapporté que les États-Unis avaient tué trois membres d'Al-Shabab sans causer de dégâts importants.

Par ailleurs, en février 2025, Donald Trump a déclaré avoir ordonné des frappes aériennes contre plusieurs chefs de l'EI dans le nord de la Somalie.

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Libéria (2014–2015)

Une rangée de soldats américains

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Lors de l'épidémie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, le Libéria fut l'un des pays les plus durement touchés. Les États-Unis ont dépêché des troupes et du matériel pour contribuer à endiguer la propagation de la maladie.

Leur intervention comprenait la construction de centres de traitement, le transport de secours et la formation du personnel de santé.

Cependant, bien avant et après l'indépendance du Libéria, les États-Unis ont envoyé des troupes dans le pays pour mettre fin à la guerre civile qui le ravageait dans les années 90.

Sénégal (2014–2015)

Le Sénégal a joué un rôle central lors de l'épidémie d'Ebola. Les États-Unis ont déployé leurs forces armées afin d'apporter un soutien logistique et médical et de coordonner les efforts régionaux.

Ce déploiement a permis d'éviter que la maladie ne submerge le système de santé, déjà fragile, du Sénégal et des pays voisins.

Kenya (1998)

Suite à l'attentat terroriste contre l'ambassade des États-Unis à Nairobi, le 7 août 1998 qui a fait 224 morts, dont 12 Américains, et plus de 1 000 blessés, les États-Unis ont déployé leurs forces armées afin de fournir une aide d'urgence, de soigner les malades et de soutenir les opérations de secours.

La mission est axée sur l'aide humanitaire et les enquêtes.

Tanzanie (1998)

Des militaires américains tiennent un brancard sur lequel est couchée une personne vêtue de blanc

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L'attentat terroriste qui a frappé le Kenya a également touché Dar es Salaam en Tanzanie, le même jour 7 août 1998 comme ce fut le cas à Nairobi. Des forces américaines ont été déployées pour prendre en charge les victimes, contribuer à prévenir le chaos dans la région et mener une enquête sur l'attaque, selon les États-Unis.

Libye

L'armée américaine est présente en Libye à différents niveaux, unissant ses forces à celles de l'État islamique pour combattre des groupes comme Daech et soutenir les efforts visant à établir un gouvernement d'union nationale.

Les États-Unis sont également intervenus directement à plusieurs reprises : notamment lors de leur intervention militaire en 1986 et de leur participation à la guerre de 2011 qui a mis fin au régime de Mouammar Kadhafi.

Par ailleurs, de novembre 2015 à 2019, les États-Unis et leurs alliés ont lancé des frappes aériennes et des frappes de drones en Libye pendant la guerre civile qui fait rage depuis la chute du gouvernement de Mouammar Kadhafi en 2011.

République du Niger

Quatre militaires dans un endroit désertique

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La présence militaire américaine en République du Niger comprend le déploiement de forces spéciales et de drones pour aider les gouvernements nigérien et français à lutter contre les groupes terroristes dans le cadre de l'opération Juniper Shield.

L'ampleur de la présence militaire américaine au Niger était largement méconnue jusqu'à l'attaque de Tongo en 2017, au cours de laquelle des militants de l'EI ont tué quatre soldats américains et quatre soldats nigériens, soulevant des questions et des débats sur les raisons pour lesquelles les États-Unis avaient plus de 800 soldats au Niger à cette époque.

En 2024, le Pentagone annonça le retrait complet de ses troupes de la République du Niger d'ici la mi-septembre, suite au coup d'État militaire survenu dans le pays.

Le 7 juillet, les États-Unis achevèrent le retrait de toutes leurs troupes du camp 101, les 500 soldats restants du camp 201 quittant le pays le 5 août 2024.