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Tout ce qu'il faut savoir sur les élections présidentielle et législatives en Guinée-Bissau
- Author, Isidore Kouwonou
- Role, BBC News Afrique
- Reporting from, Dakar
Le pays lusophone d'Afrique de l'Ouest se prépare pour des élections générales le 23 novembre prochain. 860 000 électeurs sont appelés à élire le prochain président de la République de Guinée-Bissau et 102 députés à l'Assemblée nationale populaire, un double scrutin donc.
En tout douze (12) candidats dont le président sortant Umaro Sissoco Embaló qui veut briguer un second mandat, sont en lice pour la présidentielle. Quatorze partis politiques et mouvement rivalisent pour les 102 sièges au parlement.
« Je serai candidat, sans aucun doute, et je gagnerai dès le premier tour », avait-il déclaré le président sortant Embaló lorsqu'il annonçait sa candidature en mars dernier.
La campagne électorale s'est ouverte le samedi 1er novembre dernier et prendra fin le 21 novembre prochain. Elle se déroule dans un contexte tendu où, à la veille, plusieurs officiers supérieurs de l'armée bissau-guinéenne, soupçonnés de préparer un coup d'Etat selon l'armée, ont été arrêtés.
Le président de la Commission nationale des élections (CNE), Npabi Cabi a appelé vendredi les candidats et leurs militants au « civisme, à la tolérance et à l'absence de discours de haine » durant les trois semaines d'opération de charme envers les électeurs.
« Toutes les conditions techniques sont déjà réunies pour que les prochaines élections se déroulent à la date prévue », a-t-il indiqué.
Cependant, on note une absence très remarquée dans ce processus électoral. Il s'agit de Domingos Simoes Pereira, principal opposant à Umaro Sissoco Embaló, et président du parti historique qui a mené le pays à l'indépendance, le Parti pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC).
La candidature de l'opposant a été rejetée par la Cour suprême. Selon le porte-parole de la haute juridiction de Guinée-Bissau, Mamadu Embaló, la candidature de l'opposant a été introduite hors délai. Ensuite, a-t-il poursuivi, la coalition PAI-Terra Ranka qui porte sa candidature, n'a pas de légitimité juridique.
C'est la première fois que ce parti ne participe pas à un scrutin dans ce pays qui, depuis son indépendance, a connu quatre coups d'Etat et 17 tentatives de renversement du pouvoir.
Qui peut se présenter à ces élections ?
C'est un double scrutin qui est organisé le 23 novembre prochain. Les électeurs doivent choisir le président de la République et les députés à l'Assemblée nationale populaire.
Pour être candidat à l'élection présidentielle, le candidat doit :
. Être bissau-guinéenne de naissance
. Être âgé d'au moins 35 ans
. Naître de parents également bissau-guinéens d'origine
. Jouir de ses droits civiques et politiques
. Être inscrit sur la liste électorale
. Avoir sa candidature validée par la Commission nationale des élections (CNE)
Pour ce qui concerne les élections législatives, le candidat doit :
. Être de nationalité Bissau-guinéenne
. Être âgé de 21 ans ou plus
. S'inscrire sur la liste électorale
. Jouir de ses droits civils et politiques.
12 candidatures retenues
La Cour suprême de la Guinée-Bissau a retenu douze candidatures des quatorze dossiers qui ont été déposés. Parmi les candidatures à la course à la présidence de la République figure celle du président sortant Umaro Sissoco Embaló qui se présente pour un second mandat.
Il a pour principal adversaire l'ancien président José Mario Vaz qui a dirigé le pays entre 2014-2020, le principal opposant ayant été écarté de la course.
En septembre dernier, Domingos Simoes Pereira et son parti PAIGC avaient été déjà exclus des élections législatives qui se tiennent à la même date que la présidentielle.
Lors des législatives de 2023, le PAIGC avait remporté 54 sièges sur les 102 à l'Assemblée nationale, forçant le président Embalo à une cohabitation qui a été tendue. Mais ce dernier a dissous le parlement en décembre de la même année.
La coalition PAI-Terra Ranka qui soutient la candidature de M. Pereira comprend une dizaine de partis politiques, dont le PAIGC.
Les principaux candidats à l'élection présidentielle :
Umaro Sissoco Embaló : président sortant, 53 ans, il veut briguer un second mandat présidentiel.
José Mario Vaz : ancien président de la Guinée-Bissau, 67 ans, revient pour « terminer le travail inachevé », selon lui. Exclu du PAIGC et après s'être éloigné de Madem G-15, il se présente sous la bannière de la Convergence Nationale pour la Liberté et le Développement (COLIDE-GB).
Baciro Dja : ancien Premier ministre, 52 ans, est appuyé par le Front Patriotique du Salut National (FREPASNA).
Fernando Dias Da Costa : candidat indépendant, 47 ans, il est porté par la Coalition Alliance Patriotique Inclusive (API-CABAS GARANDI).
Pour les élections législatives, quatorze partis politique dont la plateforme Nô Kumpu Guiné sont en course pour les 102 sièges au parlement.
Qui peut voter ?
Le vote est volontaire en Guinée-Bissau. Les électeurs doivent avoir 18 ans et être inscrits sur la liste électorale.
Les inscriptions se font sur un fichier électoral permanent, centralisé et informatisé. Les citoyens résidents à l'étranger peuvent aussi voter dans leur ambassade.
Le vote par procuration est autorisé pour les malades, les grands invalides ou des personnes retenues par des obligations hors de leur circonscription.
Depuis les élections législatives de 2019, la Guinée-Bissau, dans un souci de modernisation du système électoral, s'est doté d'un fichier électoral biométrique, avec une nouvelle carte d'électeur.
Cette mesure vise à renforcer la transparence, sécuriser le processus électoral et lutter contre la fraude, selon la Commission nationale des élections.
Mode de scrutin
Le président de la République de Guinée-Bissau est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une seule fois.
Pour être élu dès le premier tour, le candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages valides. Si aucun candidat n'a cette majorité, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, dans un délai de 21 jours.
Celui qui recueille le plus de suffrages parmi les deux candidats, remporte l'élection.
La Constitution de la Guinée-Bissau interdit à un chef d'Etat de briguer un troisième mandat consécutif ou de se présenter dans les cinq ans suivant la fin de son second mandat.
Pour les législatives, les électeurs doivent élire 102 députés à l'Assemblée nationale. Le système électoral repose sur un scrutin proportionnel plurinominal dans les 27 circonscriptions nationales que compte le pays, pour un total de 100 sièges.
Les deux sièges restants sont pourvus à un scrutin uninominal majoritaire et sont attribués à la diaspora.
Les partis politiques ont l'obligation de présenter des listes de candidats dont 36% sont composées de femmes.
A l'issue de ces élections législatives, le Premier ministre sera issu du parti ou de la coalition majoritaire à l'Assemblée nationale populaire, en raison du caractère semi-présidentiel du régime.
L'article 98 de la Constitution bissau-guinéenne stipule que le Premier ministre est nommé par le Président de la République en prenant en compte les résultats des élections après avoir entendu les forces politiques représentées à l'Assemblée Nationale Populaire.
Organes en charge des élections
Le Bureau technique d'appui au processus électoral (GTAPE) s'occupe des inscriptions et de la mise à jour du fichier électoral.
En Guinée-Bissau, la Commission nationale des élections (CNE) est l'institution centrale des élections. Elle reçoit les candidatures et supervise le déroulement du vote.
C'est également la CNE qui publie les résultats provisoires et définitifs des élections.
La Cour suprême s'occupe de la gestion des contentieux électoraux. Ses décisions ne sont pas susceptibles de recours.
Comment se déroule le vote ?
Environ 860 000 électeurs figurent sur la liste électorale, dont ceux de la diaspora avec 25 034 en Afrique et 26 420 en Europe.
L'ouverture des bureaux de vote est prévue à 7 heures et la fermeture à 17 heures.
Le premier tour des élections se déroule le dimanche 23 novembre 2025.
La CNE a entre 7 et 10 jours pour donner les résultats des élections, après la fermeture des bureaux de vote.
La campagne électorale pour le second tour dure quinze jours.
Le candidat qui a recueilli plus de voix au second tour est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle.
Les résultats
Les résultats des élections sont proclamés au plus tard 7 jours à compter de la fermeture des bureaux de vote.
C'est la Commission nationale des élections (CNE) qui proclament les résultats provisoires et définitifs des élections.