Voici les bienfaits que contient le taro

Taro

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    • Author, Isidore Kowounou
    • Role, BBC Afrique

Originaire d’Asie, le taro est un tubercule cultivé aujourd’hui en Afrique, notamment au Burkina Faso, en Côte d’ Ivoire, en Madagascar, en République Centrafricaine et dans plusieurs autres parties du monde. Il a de nombreuses vertus.

Colocasia esculenta, c’est le nom botanique de cette plante à tubercule qui est cultivée pour la première fois en Afrique, en Egypte. « Kudubbadé » ou « diabéré » on l’appelle en moré et bambara. Au Togo, on l’appelle « makani » en langue mina.

Le taro est un aliment bien populaire en Asie, et dans le reste du monde. En Afrique, cette racine riche en vertus se retrouve dans les plats de nombreuses familles.

« Manger des morceaux de taro cuits avec la sauce faite de ses feuilles et de l’huile rouge est vraiment un délice chez nous ici au Ghana », confie Adjoa, restauratrice à Tema où ce tubercule est beaucoup consommé.

Comment reconnaître le taro ?

Tubercule de forme arrondie ou allongée, sa plante a une taille considérable et possède des feuilles vertes, claires glabres, découpées et luisantes de 50 à 60 cm de long.

Le taro peut désigner à la fois la plante et les racines. Celles-ci sont récoltées 8 à 9 mois après leur plantation. Il ressemble beaucoup à la patate douce, mais différente de cette dernière par sa peau marron foncé et fine, similaire au manioc.

Sa chair est claire, un peu crémée avec un goût légèrement sucré.

« Il m’arrive de manger tout simplement cuits des morceaux de taro comme ça, sans accompagnement. Et puis ça rassasie vite », ajoute Adjoa dont le restaurant fait du foutou essentiellement à base de taro.

Taro

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Bien choisir son taro

Le taro se comporte aussi comme l’igname, le manioc ou tout autre tubercule. Il faut bien le choisir au marché lors de l’achat. Les nutritionnistes recommandent qu’il soit ferme, lourd, intact sans moisissures ni trou.

Il ne se conserve pas longtemps, il a tendance à ramollir après quelque temps. Mais prendre soin de le mettre dans un lieu sec, à l’abri de la chaleur, de la lumière.

« Vous pouvez le mettre dans un congélateur épluché et coupé en morceaux dans un sachet si vous avez besoin de le conserver longtemps », indique Eloïse Gbati, la nutritionniste basée à Lomé.

Dans le bac à légumes du réfrigérateur, les feuilles de taro peuvent être conservées un à trois jours, selon la nutritionniste.

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Feuilles de taro

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Les valeurs nutritionnelles du taro

Le taro est un aliment riche en fibres, vitamine C, B1 et B2. Il est également plein de phosphore, calcium et fer. Il renferme aussi une bonne quantité de protéines.

Ces éléments que contient le taro font de lui un aliment anti-anémique, anti-faim et anti-oxydant, selon la nutritionniste.

« Sa teneur riche en fibres, donne le sentiment de satiété beaucoup plus longtemps », insiste-t-elle. Ses protéines, qui sont longues à assimiler, participent également à limiter les envies de grignotages. C’est un aliment minceur qui baisse le risque de diabète.

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Plat à base de taro
Légende image, Foufou de taro mélangé avec de l'igname à la sauce d'arachide.

C’est également une source d’énergie, puisque riche en glucides et en amidon. Des éléments qui lui confèrent son rôle de lutte contre la fatigue, selon la nutritionniste. C’est un superaliment pour les sportifs, car il permet de maintenir l’énergie plus longtemps avec son faible indice glycémique.

Ce qui fait de lui un parfait élément pour la santé cardiovasculaire qui favorise la régulation de la fonction cardiaque et le bon fonctionnement du système circulatoire. Il est plus facile à digérer que la pomme de terre.

Ses feuilles sont aussi riches en bienfaits. Selon les nutritionnistes, elles sont une source de polyphénols et de vitamine C, deux substances anti-oxydantes qui aident à réduire les radicaux libres et à prévenir le processus de vieillissement et le risque de maladies.

Taro

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Le taro dans la cuisine

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Il peut être utilisé dans la préparation de plusieurs plats avec sa chair féculente et son goût sucré. Cependant, il faut prendre soin de bien le laver en le frottant avec de l’eau courante, parfois avec la brosse de cuisine pour enlever la saleté de terre. Ensuite le peler avant de le découper en morceaux pour la cuisson.

Le taro se prête à plusieurs utilisations culinaires. Il peut être blanchi, rôti, poêlé, en purée, en ragoût, en frites et dans les plats en sauce.

En Afrique de l’Ouest, notamment au Togo, au Ghana ou encore en Côte d’Ivoire, le taro peut être préparé en foutou (qui ressemble à de la purée de pommes de terre), généralement associé à d’autres tubercules comme l’igname ou le manioc.

Il est aussi souvent associé avec la banane plantain pour faire le foutou, accompagné de soupe. Une spécialité de la Côte d’Ivoire, selon Kass, étudiant résident à Dakar.

Au Togo, les feuilles de taro sont utilisées pour la préparation de délicieuses sauces « amagnagna », comme on les appelle dans le pays, notamment dans la partie méridionale. « Une sauce de feuilles de taro avec du riz blanc est un plat que nous adorons dans notre famille », confie à BBC Afrique Hélène Sowou qui ajoute que ses grands-parents viennent du Ghana où le taro est très apprécié.

Sous d’autres cieux, le taro se retrouve à la base de la préparation de certaines boissons délicieuses et crème glacées riches en nutriments.

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Mais attention

Les nutritionnistes conseillent que le taro soit consommé cuit, après préparation. Selon eux, la cuisson permet de neutraliser les actions des cristaux d’oxalate de calcium qui le rendent amer, irritant et dangereux pour la santé.

Selon l’organisme des Nations Unies qui s’occupe de l’alimentation, FAO, la quantité totale de taro produite en Afrique en 1998 s’élevait à 6,5 millions de tonnes environ, ce qui correspond à 75 % de la production mondiale estimée à 8,5 millions de tonnes.

Le Nigeria, reste le plus grand producteur mondial avec 4 millions de tonnes, ce qui représente 44% de la production mondiale. Le Ghana produit 1,5 million de tonnes par an, suivi de la Côte d’Ivoire avec 350.000 tonnes, le Madagascar 150.000 tonnes et la République Centrafricaine, 100.000 tonnes.

L’Egypte où le taro est cultivé pour la première fois en Afrique, produit 140.000 tonnes l’an.