« Le plus urgent, c’est de voir comment enterrer les morts », Patrick Muyaya

Crédit photo, Avec la permission de Mao Zigabe
Plus de 400 personnes ont trouvé la mort à la suite d’inondations et glissements de terrain provoqués par de fortes pluies qui se sont abattues dans la nuit de jeudi à vendredi 5 mai, dans le sud Kivu à l’Est de la RDC.
Le nombre de victimes n’a cessé d’augmenter depuis le déluge meurtrier.
Selon le nouveau bilan provisoire, communiqué par les autorités locales, les événements ont également causé plusieurs dégâts matériels dans le territoire de Kalehe.
Interrogé par la BBC, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, fait le point sur la situation.
Patrick Muyaya : « Le plus urgent, c’est de voir comment enterrer les morts, comment apporter l’appui aux blessés et de s’assurer que ceux qui sont là puissent être à l’abri – c’est l’évaluation qui a été faite par la délégation gouvernementale. Ensuite, il y a eu des expéditions sur Kalehe avec de la pluie suivant les besoins qui ont été établis pour voir, comment on va séquencer l’appui du gouvernement en fonction des urgences qu’ils remarqueront sur le terrain ».
BBC : « Quelle est la réponse que le gouvernement apporte justement à cette situation ? À la population qui se retrouve aujourd’hui, dans des conditions difficiles ? »
Des informations vérifiées à portée de main
Cliquez ici et abonnez-vous !
Fin de Promotion WhatsApp
Patrick Muyaya : « La réponse est claire parce que les collègues du gouvernement sont partis avec un appui logistique à plusieurs niveaux parce qu’il y a un besoin en termes de médicaments, il faut chercher des abris, (…) mais il y a aussi un besoin d’accompagner les familles dans les deuils qu’elles vont faire. Tout ceci a déjà été pris en compte ».
BBC : « Concrètement, quelles sont ces mesures que le gouvernement a prises pour que cette situation ne se reproduise plus monsieur le ministre ? »
Patrick Muyaya : « Écoutez, on n’est jamais à l’abri d’une catastrophe naturelle. Premièrement. Deuxièmement et suivant les rapports qui seront réalisés sur les causes de cette catastrophe, des mesures doivent être prises au niveau du gouvernement mais il faut surtout s’assurer que les compatriotes de cette partie du pays respectent les mesurent qui seront prises. Parce que finalement, il ne faudrait pas que nous-même nous puissions nous exposer parce qu’on a construit sur des zones à risques. Il y a donc un travail global qui doit être réalisé entre les autorités publiques et les autorités locales pour régler les problèmes. »

Que s'est-il passé ?
Plusieurs villages ont été submergés et des maisons emportées lorsque des rivières sont sorties de leur lit, rapporte Mbelechi Msoshi, correspondant de BBC Afrique à Kinshasa.
Un bilan lourd

Crédit photo, Avec la permission de Mao Zigabe
Sur place, les rescapés sont dans un état de traumatisme suite à la perte de leurs proches et de leurs biens.
"Mon oncle maternel est parti. Ce n’est pas seulement lui qui est mort, c’est presque toute ma famille qui est partie. Même ceux qui sont restés au marché ont été emportés par les eaux. Regardez là-bas, il y a des corps de nos voisins", a déclaré à BBC Afrique une rescapée qui était au marché lorsque son village de 500 ménages a été emporté par les eaux.
Les sinistrés manquent de tout. Dans un contexte sanitaire, déjà difficile, la Croix-Rouge relève la "difficulté de prise en charge médicale des personnes blessées et évacuées dans des structures de santé" de la région.

Crédit photo, Avec la permission de Mao Zigabe
Thomas Bakenga, administrateur du territoire de Kalehe où le déluge a eu lieu, fait état "d’une situation très grave" et d’un bilan qui risque d’augmenter.
"On a retrouvé des corps là, mais, il y en a qui ne sont pas encore retrouvés. La plupart des corps sont des enfants mineurs qui n’ont pas eu le temps de se sauver, et des mamans, c’est très très grave", a-t-il dit.
Plus de 270 corps dont plus de 80 enfants ont été enterrés samedi dans une fosse commune, selon la Croix Rouge. Dans un rapport sur ‘la catastrophe naturelle’ publié le 8 mai, l’institution d'aide humanitaire a par ailleurs indiqué qu’en-dehors "des corps retrouvés et enterrés, il y a d’autres qui sont encore dans les décombres et d’autres sous les eaux du lac-Kivu."
Kinshasa a annoncé une journée de deuil national pour honorer toutes les personnes mortes dans cette tragédie.















