La maladie non identifiée en RDC reste un mystère en raison de la médiocrité des échantillons, selon le CDC Afrique

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- Author, Chérif Ousman MBARDOUNKA
- Role, Journaliste-BBC Afrique
Le Centre africain de contrôle des maladies (Africa CDC) s'inquiète de la progression de la maladie non identifiée en République démocratique du Congo (RDC).
La maladie, qui touche de manière disproportionnée les enfants et les personnes souffrant de malnutrition sévère, a fait 44 victimes et infecté 527 personnes, 147 nouveaux cas ayant été signalés rien que cette semaine. Fait alarmant, 42 % des cas concernent des enfants de moins de cinq ans.
« Il s'agit d'un problème majeur de santé publique en RDC », a déclaré le Dr Jean Kaseya, directeur général du CDC Afrique.
L'enquête est entravée par des échantillons de mauvaise qualité
Malgré les efforts coordonnés de plusieurs agences sanitaires, la maladie n'a toujours pas de nom, car il est difficile d'en identifier la cause. Les enquêteurs se sont heurtés à la mauvaise qualité des échantillons, ce qui a retardé des travaux de diagnostic essentiels.
« Les premiers échantillons reçus le 7 décembre étaient de mauvaise qualité », a expliqué le Dr Kaseya.
C’est depuis le dimanche 10 novembre que les premiers décès ont été rapportés dans la zone de santé de Panzi, en territoire de Kasongo -Lunda.
Les personnes infectées présentaient des symptômes semblables à ceux de la grippe, notamment une forte fièvre et de violents maux de tête, ont déclaré lundi Remy Saki, gouverneur adjoint de la province de Kwango, et Apollinaire Yumba, ministre provincial de la santé.
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Des équipes du ministère de la santé de la RDC, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de l'Africa CDC et d'autres partenaires internationaux se sont déployées dans la zone touchée. Ces équipes collectent des échantillons de sang, d'urine et de sérum afin d'identifier la maladie.
« Jusqu'à présent, environ 78 échantillons ont été prélevés », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba, directeur général de l'Institut national de santé publique de la RDC.
L'Union européenne, quant à elle, "suit de près" l'évolution de la situation sanitaire en RDC, a assuré une porte-parole de la Commission, qui souligne qu'aucun cas similaire n'a été recensé en Europe.
"Evidemment, nous suivons de près la situation. (...) Nous essayons de rassembler les informations", en lien avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une agence de l'UE, a déclaré cette porte-parole Eva Hrncirova devant la presse à Bruxelles.
Les résultats sont attendus la semaine prochaine, une fois que les équipes seront rentrées à Kinshasa.
En début de semaine, l'OMS a indiqué que 10 des 12 échantillons initiaux avaient été testés positifs au paludisme. Cependant, le Dr Kaseya a précisé que la mauvaise qualité des échantillons avait empêché toute investigation concluante au-delà du paludisme.
« Pour l'instant, nous ne donnons aucune indication officielle concernant cette maladie », a-t-il déclaré.
Les symptômes rapportés sont :
- La fièvre
- Les maux de tête
- L'écoulement nasal
- La toux
- Les difficultés respiratoires
- L'anémie

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Une crise des infrastructures
La zone de santé de Panzi, où l'épidémie se propage depuis octobre, pose d'importants problèmes logistiques. Les échantillons doivent être transportés à Kinshasa - à quelque 48 heures de route - avant d'être testés dans les laboratoires du pays.
La réponse à l'épidémie a été compliquée par des problèmes systémiques. L'insuffisance des infrastructures, le manque d'équipement médical et la pénurie de personnel soignant ont ralenti les progrès. En plus, la saison des pluies a aggravé l'état des routes, tandis que la faiblesse des télécommunications a entravé les efforts de coordination.
Alors que l'enquête se poursuit, les responsables de la santé préviennent que le temps est compté pour éviter de nouvelles pertes humaines et limiter la propagation de la maladie.
Les mesures préventives suivantes ont été recommandées :
- Éviter les rassemblements de masse,
- Signaler tout cas suspect ou tout décès inhabituel aux autorités sanitaires locales,
- Observer les règles d'hygiène de base, notamment le lavage régulier des mains avec de l'eau et du savon,
- Ne pas manipuler les dépouilles sans l'intervention des agents de santé habilités.
Un porte-parole de l'OMS a déclaré mardi que l'agence sanitaire des Nations unies travaillait avec le ministère de la santé publique de la RDC pour mener des enquêtes plus approfondies.
La RDC lutte déjà contre la recrudescence de l’épidémie de mpox. Le pays est le plus touché en Afrique avec 8 662 cas confirmés et 43 décès selon l’OMS















