Réconciliation au Burkina Faso : quelle formule pour ce projet national ?

Le président Kaboré promet un forum national pour la réconciliation.

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    • Author, Simon Gongo
    • Role, Correspondant BBC à Ouagadougou

Au Burkina Faso, le débat fait rage au sein de la population qui est divisée sur le projet de réconciliation proposé par le régime du président Kaboré.

Pour certains membres de la société civile, à l'image des membres du "Balai citoyen", ce projet de réconciliation pourrait s'agir d'un arrangement entre politiques.

Éric Kinda, un des porte-paroles du Balai citoyen, estime que c'est ne entreprise de promotion de l'impunité.

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"Il ne faut pas s'y méprendre. Le projet qui se cache derrière ce faux-débat sur la réconciliation nationale, c'est de faire l'impasse sur la justice, c'est-à-dire de soustraire de leurs responsabilités devant la justice des hommes et des femmes qui sont poursuivis pour des crimes économiques et de sang", dit-il.

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Par contre, des partis issus du régime du président Blaise Compaoré proposent de faire recours à une justice transitionnelle.

Yahaya Zoungrana, du Congrès pour la démocratie et le progrès, l'ancien parti au pouvoir renversé en 2014, tempère le débat et affirme sur le plateau de la télévision publique que "personne n'est contre la justice".

Selon lui, dit-il, "la justice transitionnelle est la formule qui permettra d'aller plus vite".

"Personne ne suggère d'enjamber la justice pour aller vers la réconciliation. Seulement, tirant les leçons d'autres processus de réconciliation en Afrique, il y a toujours la question posée : quelle justice permet d'aller à la réconciliation dans un laps de temps qui permet au peuple de se mettre réellement au travail", soutient-il.

Zéphirin Diabré, le ministre de la réconciliation nationale.

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Zéphirin Diabré, le nouveau ministre de la Réconciliation nationale rassure et promet qu'il ne sera nullement question d'arrangements politiques, encore moins d'impunité.

"C'est un exercice où forcément les questions politiques seront présentes mais il y a d'autres questions qui minent la société burkinabé aujourd'hui ou depuis plusieurs années. Il y a beaucoup de questions de déchirures sociales que nous vivons", explique le ministre Diabré.

Pour le président Kaboré, la forme sera discutée par les forces vives de la nation au cours d'un forum national durant lequel la justice et la vérité ne devraient pas être occultées.

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