Vous visualisez une version texte de ce site web qui utilise moins de données. Voir la version principale du site, avec toutes les images et vidéos.
Campagne électorale en Guinée : l'impossible respect des mesures barrières
- Author, Nick Loomis
- Role, BBC Afrique
Les Guinéens sont appelés aux urnes le 18 octobre prochain mais, le Covid-19 donne un cachet particulier à cette élection.
La campagne électorale bat son plein en pleine pandémie de Covid-19 en Guinée. Pour beaucoup de candidats, il est difficile de respecter la distanciation sociale. Le parti d'opposition RPG s'est tourné vers le digital en raison du Covid 19.
Abdoulaye Kourouma, candidat du parti RDR, admet qu'il est difficile de respecter les mesures barrières. "Nous sommes des Africains et la tradition existe. Il faut aller vers les gens. Il y a des gens qui tendent la main. Si tu ne fais pas pareil, ils vont te prendre pour un orgueilleux. Donc les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour mener la campagne comme on veut. On fait le maximum mais c'est pratiquement impossible de respecter la distanciation sociale", déclare-t-il.
A ne pas manquer sur BBC Afrique
- Pourquoi des activistes veulent réviser le code de la famille au Sénégal ?
- Inondations au Sénégal : un mois les pieds dans l'eau
- S'accepter avec ses cheveux crépus, un combat quotidien
- "J'ai toujours voulu la vie d'une femme libre et je crois que j'y suis arrivée"
- "J'ai été amputé d'une jambe en Libye mais je ne baisse pas les bras"
- Cinq choses que nous ne savions pas sur Sadio Mané
- La belle histoire d'un migrant gambien adopté par une famille italienne
Le parti au pouvoir, RPG-Arc-en-ciel, fait le même constat. Minkaïlou Conté, député de la Commune de Matam et partisan d'Alpha Condé, estime que sans la pandémie, il aurait été possible de draîner les foules. « Si c'est pas la pandémie, on peut remplir un stade. Mais avec la pandémie on ne se le permet pas, par peur de contagion d'une personne à l'autre. C'est ce qui nous permet de mettre beaucoup plus de temps à faire du porte-à-porte que de faire des meetings géants. »
La Guinée n'a enregistré qu'environ 70 morts liés à la COVID-19, mais les autorités disent que la menace est toujours présente.
Mamadi 3 Kaba, le porte-parole de la Commission électorale (CENI), explique que la loi encadre la campagne mais l'institution n'a pas les moyens de sanctionner un candidat qui enfreint les règles.
"Il y a déjà un décret qui définit l'encadrement ou bien tout attroupement ou tout regroupement pendant cette période de pandémie. La CENI trouve ces mesures impératives mais pourtant elle n'a pas cette autorité de sanctionner un leader politique qui va s'offrir un bain de foule", dit-il.
Le principal parti d'opposition, l'UFDG, s'adapte aussi… en comptant plus sur les réseaux sociaux.
Ousmane Gaoual Diallo , chargé de communication du parti de Cellou Dalein Diallo révèle des changements de stratégies au sein de l'UFDG.
"Les budgets qui ont été alloués au secteur du numérique ont augmenté. Ce qui n'était pas le cas forcément si on avait pu faire la campagne traditionnelle, le budget allait être moins important. Mais le contexte sanitaire et environnemental a amené à une plus grande prise en considération de l'importance de ces réseaux pour pénétrer. Et quand on a vu la masse des Guinéens présents sur les réseaux sociaux, naturellement il fallait investir cette population, cet endroit-là, ce réseau", explique-t-il.