La Guinée aux urnes

Boubacar Diallo, BBC Afrique, Conakry

Il n'y a pas eu de grande affluence dans les bureaux de vote aux premières heures de ce scrutin durant lequel les électeurs vont élire les députés du pays et se prononcer sur une proposition de modification de la Constitution.

Le vote a été émaillé de violences dans certains quartiers de Conakry, la capitale.

Face aux menaces de militants de l'opposition et de la société civile, qui s'opposent à la tenue des élections, les autorités guinéennes ont déployé un important dispositif de sécurité, pour assurer le bon déroulement du vote.

Certains militants de l'opposition et de la société civile considèrent le scrutin comme "une mascarade électorale" et "un tripatouillage de la Constitution".

Ils estiment que le changement de Constitution n'est pas une priorité pour la Guinée et accusent le chef de l'Etat, Alpha Condé, de chercher à profiter d'une modification constitutionnelle pour briguer un nouveau mandat cette année.

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M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, a déclaré que sa candidature ou pas à l'élection présidentielle dépendra du bon vouloir du peuple guinéen.

Le vote se déroule dans un contexte de pandémie de coronavirus.

Les électeurs votent sous la surveillance des policiers et des gendarmes réunis au sein de l'Unité spéciale de sécurisation des élections.

Il y a peu d'affluence dans les bureaux de vote de certains quartiers.

En raison de la pandémie de coronavirus, dont trois cas ont été recensés par les services sanitaires guinéens, les membres des bureaux de vote se sont munis de gants et de kits sanitaires pour le lavage des mains.

A Dixinn, un quartier situé dans la banlieue de Conakry, des présidents de bureau de vote attendaient les électeurs qui venaient au compte-gouttes lors des premières heures de l'élection.

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"Le vote devait démarrer à 7 heures. Mais puisque le matériel n'était pas disponible, nous avons commencé à 9 heures", a expliqué un responsable de bureau de vote.

Dans certains quartiers considérés comme le fief de l'opposition à Conakry, des violences ont eu lieu.

Des agents de l'Unité spéciale de sécurisation des élections se sont affrontés avec des jeunes qui tentaient de perturber le scrutin.

"Ça ne nous intéresse pas, ce scrutin", lance un manifestant hostile à la tenue de l'élection.

"Je ne parviens pas à voter (…) Je suis déçu", s'indigne un électeur.

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Certaines rues de Conakry sont quasi désertes. Dans une adresse à la nation, samedi soir, le président Alpha Condé a invité les Guinéens à aller voter dans le calme.

De leur côté, les militants de l'opposition et de la société civile opposés à la tenue des élections ont invité les Guinéens à user des moyens légaux pour empêcher le vote.