En utilisant l'intimidation et la violence, le groupe militant islamiste al-Shabab, basé en Somalie, collecte autant de revenus que les autorités du pays, selon un rapport.
Les militants collectent au moins 15 millions de dollars par mois, dont plus de la moitié provient de la capitale, Mogadiscio, selon l'Institut Hiraal.
Certaines entreprises paient à la fois les djihadistes et le gouvernement reconnu sur le plan international.
Al-Shabab lutte contre ce gouvernement depuis plus de dix ans. Le groupe contrôle une grande partie du sud et du centre de la Somalie mais a pu étendre son influence dans les zones contrôlées par le gouvernement basé à Mogadiscio.
- Trump ou Biden, qui est le choix de la Chine ?
- Dix histoires peu connues sur Pelé, le numéro 10 le plus célèbre de l'histoire du football
Le rapport décrit comme "brutale" la façon dont le groupe extrait l'argent de la population rurale.
"La peur et une menace crédible pour leur vie sont les seules motivations qui animent les contribuables d'al-Shabab", indique le rapport.
Selon l'Institut Hiraal, contrairement au gouvernement somalien, al-Shabab "dispose d'un excédent financier important" car la quantité d'argent qu'il collecte augmente chaque année, alors que ses coûts de fonctionnement restent assez stables.
Toutes les grandes entreprises somaliennes donnent de l'argent aux djihadistes, à la fois sous forme de paiements mensuels et d'une "zakat" annuelle (aumône obligatoire) de 2,5% des bénéfices annuels, selon le rapport.
L'étude se base sur des entretiens avec des membres d'al-Shabab, des hommes d'affaires somaliens, des fonctionnaires et d'autres personnes. Les hommes d'affaires des zones contrôlées par le gouvernement se plaignent de devoir payer à la fois les militants et le gouvernement.
Il s'agit notamment des quartiers de Villa Somalia à Mogadiscio, où le gouvernement est basé, et des villes de Bossasso et Jowhar, et dans une moindre mesure de Kismayo et Baidoa, qui sont toutes officiellement hors du contrôle des militants.