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Ce que l’on sait de la tentative d’évasion à la prison centrale de Makala en RDC
- Author, Ousmane Badiane
- Role, Digital Journalist BBC Afrique
Le bilan provisoire de la tentative d’évasion à la prison centrale de Makala à Kinshasa en République démocratique du Congo, est de 129 morts dont 24 par balles, selon le ministre de l'Intérieur Jacquemain Shabani.
M. Shabani a déclaré que la plupart des victimes sont mortes de suffocation après une bousculade et que 59 blessés sont soignés dans des établissements publics.
Le bilan officiel communiqué lundi par Samuel Mbemba, vice-ministre de la justice, faisait état de deux morts. Il a également annoncé que le gouvernement avait ouvert une enquête.
Les premières informations font état de tirs d’armes lourdes et légères qui ont retenti pendant plusieurs heures dans la nuit de dimanche à lundi dans l'enceinte de la prison centrale de Makala, la plus grande prison du pays.
Selon le ministre de l'Intérieur, les détenus avaient mis le feu au bâtiment administratif, où se trouvait le greffier, et avaient brûlé le dépôt de nourriture et l'infirmerie.
Le Vice-premier ministre en charge de l'intérieur a annoncé la mise sur pied d'une commission mixte ce lundi par les autorités congolaises, pour en savoir plus sur la tentative d'évasion.
Tôt lundi matin, des coups de feu nourris ont retenti dans la plus grande prison du Congo, dans la capitale, Kinshasa, alors que des détenus tentaient de s'évader de l'établissement, ont indiqué les autorités.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a déclaré sur le réseau social X que « les services de sécurité sont sur place pour rétablir l'ordre et la sécurité, invitant la population de Kinshasa à ne pas paniquer », tout en assurant que "la situation est sous contrôle".
Les tirs en provenance de l'intérieur de la prison ont commencé vers minuit, selon des résidents. Lundi matin, la route menant à la prison avait été bouclée par les forces de sécurité.
Les médias locaux ont rapporté que les forces de sécurité ont tué certains détenus qui ont tenté de s'enfuir.
Une prison surpeuplée
Principal établissement pénitentiaire de la RD Congo avec une capacité de 1 500 personnes, la prison centrale de Makala accueille plus de 12 000 détenus, dont la plupart sont en attente de jugement, indique l’ONG Amnesty International dans son dernier rapport sur le pays.
L'organisation a déjà enregistré des évasions, notamment en 2017, lorsqu'une attaque menée par une secte religieuse a permis de libérer des dizaines de détenus.
En janvier 2023, un rapport de la fondation Bill Clinton pour la paix, une ONG congolaise luttant pour les droits humains et la paix, révélait que plus 500 détenus de la prison centrale de Makala sont morts en 11 mois à cause des mauvaises conditions de détention liées à une surpopulation carcérale.
L’ONG alertait déjà sur les risques d’évasion massive de prisonniers à cause de cette surpopulation et de l’insécurité qu’elle engendrait.
Les autorités congolaises avaient entamé dans la foulée, un programme de réduction de la population carcérale, des dizaines de détenus ayant été libérés ces derniers mois.
"Des enquêtes sont en cours pour identifier et sanctionner sévèrement les commanditaires de ces actes des sabotage", a déclaré lundi, le ministre de la Justice Constant Mutamba sur X, annonçant la suspension jusqu'à nouvel ordre des transferts de détenus vers le centre pénitentiaire.
La tentative d'évasion de cette nuit n'est pas une première dans cette prison surpeuplée. Le 17 mai 2017, au moins 4.000 détenus se sont échappés de la même prison, après qu'elle a été prise d'assaut par des membres de Bundu Dia Kongo, une organisation politique et religieuse, pour libérer leur chef qui était en détention.