La Libye va faire appel des sanctions pronnoncées contre elle par la CAF liées au match avorté contre le Nigeria

La Libye n'a participé qu'à trois Coupes d'Afrique des Nations, sa dernière participation remontant à 2012.

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Légende image, La Libye n'a participé qu'à trois Coupes d'Afrique des Nations, sa dernière participation remontant à 2012.

La Fédération libyenne de football (LFF) a annoncé qu'elle va « recourir aux plus hauts niveaux de contentieux » pour tenter d'annuler les sanctions qui lui ont été imposées après l'annulation du match de qualification de l'équipe nationale pour la Coupe d'Afrique des Nations 2025 contre le Nigeria.

Les Super Eagles ont boycotté le match à Benghazi après que leur avion en provenance du Nigeria ait été détourné de sa destination prévue et que leur équipe ait été bloquée dans un terminal de l'aéroport pendant la nuit.

Les jours précédant le match, prévu le 15 octobre, ont été dominés par une querelle de plus en plus vive entre les deux pays.

Un comité de discipline de la Confédération africaine de football (CAF) a ensuite accordé au Nigeria une victoire 3-0 et a infligé une amende de 50 000 $ (38 500 £) à la LFF.

« Les points de match ne peuvent pas être attribués de cette manière », a déclaré le président par intérim de la LFF, Abdunnaser Ahmed, à BBC Sport Africa.

« C’est un précédent que le football africain n’a jamais connu auparavant.

« Celui qui s’abstient de jouer avant l’annulation d’un match doit être considéré comme un perdant. »

Sanction de la CAF

Le capitaine des Super Eagles William Troost Ekong a annoncé que l'équipe boycotterait le match retour des qualifications en Libye

Crédit photo, William Troost Ekong

Légende image, Le capitaine des Super Eagles William Troost Ekong a annoncé que l'équipe boycotterait le match retour des qualifications en Libye, après avoir été prise en otage par les autorités libyennes à l'aéroport d'Abraq, à dessein.

Le 26 octobre, la Confédération africaine de football a annoncé une sanction contre la fédération lybienne de football, qui laisse la Libye au bord de l'élimination des qualifications, car les Chevaliers de la Méditerranée doivent remporter leurs deux derniers matchs dans le groupe D et espérer que leurs adversaires, le Bénin et le Rwanda, ne parviennent pas à prendre des points.

Une déclaration de l'instance dirigeante du continent a déclaré que « toutes les autres requêtes ou demandes de réparation sont rejetées », mais Ahmed a confirmé que la LFF porterait l'affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) si nécessaire.

« Nous croyons que notre cause est juste », a-t-il ajouté.

« Nous verrons la réponse de la CAF à l'appel que nous avons déposé et nous irons au TAS. [Nous] ne renoncerons pas à notre droit.

« De telles décisions placent les responsables du football africain devant une nouvelle phase de scènes dramatiques. »

Le capitaine nigérian, William Troost-Ekong, a qualifié la décision du conseil d'administration de la CAF de « justice ».

Annulation du match

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La Confédération africaine de football a confirmé, le 15 octobre, l'annulation du match entre la Libye et le Nigeria, qui devait se disputer ce mardi, et promis que l'affaire allait être portée devant ses instances compétentes.

C'est la deuxième sortie de l'instance faitière du football africain en 24 h. La veille, la Caf a déclaré, dans un premier communiqué, avoir "été en contact avec les autorités libyennes et nigérianes après avoir été informée que l'équipe nationale de football nigériane (''Super Eagles'') et son équipe technique ont été bloquées dans des conditions inquiétantes pendant plusieurs heures dans un aéroport où les autorités libyennes leur auraient demandé d'atterrir'’.

Elle a ajouté que "l'affaire a été soumise au Conseil de Discipline de la CAF pour enquête et des mesures appropriées seront prises à l'encontre de ceux qui ont violé les Statuts et Règlements de la CAF".

Les Super Eagles qui devaient affronter la Libye mardi en qualification pour la CAN-2025, ont décidé de ne pas jouer le match prévu mardi 15 septembre à Benghazi pour protester contre le « traitement inhumain » vécu par les joueurs nigérians depuis leur arrivée dimanche dans le pays.

L'équipe des Super Eagles devait atterrir à Benghazi dimanche, mais son avion a été détourné vers Al Abraq, à environ 230 km de la destination prévue.

Un responsable de la Fédération nigériane de football (NFF) a déclaré à BBC Sport Africa que le contingent de voyageurs avait été « complètement abandonné » et enfermé à l'intérieur du bâtiment de l'aéroport après avoir pris des dispositions pour partir.

Après une attente de plusieurs heures à l’aéroport d’Al Abraq au nord de la Libye, privés d'eau et de nourriture, les joueurs du Nigeria ont finalement embarqué dans un avion affrété par le gouvernement pour rentrer à Lagos.

Les Super Eagles qui ont vécu un véritable calvaire ont inondé les réseaux sociaux de photos pour témoigner de leur mésaventure.

« En tant que capitaine de l'équipe, nous avons décidé de ne pas jouer ce match », a déclaré le défenseur central William Troost-Ekong dans un message sur X.

« A ce stade, nous avons demandé au gouvernement nigérian d'intervenir et de nous sauver.»

« J'ai déjà vécu des choses difficiles en jouant à l'extérieur en Afrique, mais ce comportement est honteux.»

La Fédération libyenne de football (LFF) s'est déclarée « profondément préoccupée » par les informations relatives à la situation vécue par l'équipe qui se déplaçait, mais a nié toute suggestion de faute.

« Nous avons le plus grand respect pour nos homologues nigérians et voulons les rassurer en leur disant que le détournement de leur vol n'était pas intentionnel », a déclaré la fédération.

La LFF a ajouté que des perturbations peuvent survenir en raison des protocoles de routine du trafic aérien, des contrôles de sécurité ou d'autres défis logistiques et a déclaré qu'elle espérait que le malentendu « puisse être résolu avec compréhension et bonne volonté ».

La Confédération africaine de football a été contactée pour un commentaire.

Cette situation fait suite aux plaintes de la Libye concernant un prétendu traitement hostile lors de sa visite au Nigeria pour le match retour à Uyo vendredi dernier.

Les officiels libyens ont affirmé qu'ils avaient été déroutés vers Port Harcourt et ont également accusé les Nigérians de ne pas leur avoir fourni de bus pour parcourir les 130 km qui les séparaient d'Uyo, les laissant ainsi bloqués pendant des heures.

Ces affirmations ont été démenties par la NFF.

"Comme si nous étions en prison"

Le capitaine du Nigeria, William Troost-Ekong, a qualifié de « jeu de destabilisation » le traitement réservé aux Super Eagles en Libye

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Le responsable des médias de la NFF, Promise Efoghe, a déclaré qu'aucune raison n'avait été donnée pour justifier la décision de détourner l'avion vers Al Abraq dimanche.

« Aucun responsable de la fédération libyenne n'est venu donner des raisons ou des éclaircissements », a-t-il déclaré.

« Les Libyens n'ont fait aucun effort pour nous aider. Lorsque la NFF a essayé de trouver un arrangement alternatif, nous avons été enfermés à l'intérieur de l'aéroport.

« C'est comme si nous étions dans une prison à l'aéroport.

L'attaquant Victor Boniface a déclaré sur les réseaux sociaux que l'équipe avait été laissée sans nourriture, sans wi-fi et sans endroit où dormir. Le compte des Super Eagles sur X a posté des photos de joueurs affalés sur des chaises de l'aéroport.

Troost-Ekong a qualifié leur traitement de « jeux d'esprit », ce que la LFF a démenti.

« Il n'y a aucune raison d'accuser les équipes de sécurité libyennes ou la LFF d'avoir délibérément orchestré cet incident », ajoute le communiqué.

« De telles actions sont incompatibles avec nos valeurs et nos principes.

« Nous rejetons fermement toute allégation suggérant un acte criminel ou de sabotage dans cette situation ».

Le voyage d'Al Abraq à Benghazi prendrait plus de trois heures et demie par la route, mais Troost-Ekong a déclaré que les joueurs ne voudraient pas voyager par ce moyen en raison de la situation sécuritaire en Libye.

Le pays est divisé entre deux administrations, l'une basée dans la région orientale, qui comprend Benghazi, et l'autre à l'ouest, dans la capitale Tripoli. Les deux gouvernements prétendent être les dirigeants légitimes du pays.

M. Efoghe a déclaré que l'ambassade du Nigeria à Tripoli était « handicapée » et ne pouvait pas intervenir en raison de la situation politique.

« Nous n'accepterons pas de voyager par la route ici, même avec la sécurité. Ce n'est pas sûr », a ajouté M. Troost-Ekong.

« Nous ne pouvons qu'imaginer ce que serait l'hôtel ou la nourriture qu'on nous offrirait si nous continuions.

« Nous nous respectons nous-mêmes et nous respectons nos adversaires lorsqu'ils sont nos invités au Nigeria. Les erreurs se produisent, mais ces choses volontaires n'ont rien à voir avec le football [international] ».

Le Nigeria s'est imposé 1-0 lors de la rencontre entre les deux équipes vendredi à Uyo et occupe la première place du Groupe D avec sept points, tandis que la Libye, dernière du classement avec un point, est au bord de l'élimination.