Vous visualisez une version texte de ce site web qui utilise moins de données. Voir la version principale du site, avec toutes les images et vidéos.
Microsoft: Comment la panne informatique généralisée a-t-elle impacté l’Afrique ?
- Author, Armand Mouko Boudombo et Jewel Kiriungi
- Role, Journalistes- BBC
- Reporting from, Dakar et Nairobi
Selon l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), plusieurs compagnies aériennes sur le continent ont subi les domages de la de la cyber-panne mondial.
Depuis les premières heures de ce vendredi, de nombreuses institutions mondiales, dont de grandes banques, des médias et des compagnies aériennes, ont signalé une panne informatique massive, affectant leur capacité à offrir des services.
Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols dans le monde et beaucoup d’autres signalent des retards.
L'État américain d'Alaska a prévenu que ses services d'urgence étaient affectés, les supermarchés en Australie ont été paralysés et les médias de plusieurs pays ont été laissés dans l'impasse en raison d'une panne des systèmes. Sky News au Royaume-Uni ayant été temporairement contraint de cesser ses émissions.
La cause de la panne n'est pas claire, mais de nombreuses personnes touchées l'ont liée aux systèmes d'exploitation Microsoft PC.
Microsoft a confirmé l’information. Dans une publication officielle du service Microsoft 365 publiée sur X plus tôt dans la journée indiquait « nous enquêtons sur un problème affectant la capacité des utilisateurs à accéder à diverses applications et services Microsoft 365 ».
Cependant, un porte-parole de Microsoft joint aux premières heures de ce vendredi par la BBC indique que « la majorité des services avaient été récupérés » quelques heures plus tôt.
L'Afrique relativement épargnée
Des perturbations sont enregistrées à Nairobi. Kenya Airways confirme avoir été impacté. « Nous sommes actuellement confrontés à une panne de système qui a affecté notre système de réservation à la suite d'une panne globale du système. Nous conseillons à nos clients de s'attendre à un service plus lent que d'habitude pendant que nous mettons en œuvre notre plan de continuité des activités ».
Jointe par la BBC, Ethiopian Airways, l’une des plus grandes compagnies sur le continent, a déclaré qu'elle "n'onserve actuellement aucune perturbation" dans son système informatique au niveau de son siège, encore moins dans ses opérations aériennes.
"Néanmoins, nous surveillons attentivement tout impact potentiel dans toutes nos stations à travers le monde. Nous continuerons à suivre l'évolution de la situation et à vous informer en conséquence", confie la compagnie.
La situation préoccupe à Cotonou, même s’il n’y a pas d’impact. Un responsable de l’aéroport à qui la BBC a parlé déclare que tout fonctionne normalement à l’aéroport, et que la situation est suivie de près.
« Nous n’utilisons pas leurs produits pour nos vols, donc nous sommes épargnés », renseigne un responsable d'Asky, la compagnie aérienne togolaise, habituée du ciel africain.
Abidjan, l’un des plus grands hubs desservant les aéroports d’Afrique centrale et de l’ouest également épargné, selon nos sources. Les responsables des contrôles aériens, et le ministère des transports sont formels, aucune perturbation n’a été signalée.
Pareil pour Douala et Yaoundé. Un responsable des Aéroports du Cameroun, la société d’Etat chargée de la gestion des opérations aéroportuaires confie que des vols internes et internationaux ont décollé et atterri sans souci depuis ce matin.
Pour l’heure, la BBC n’a pas réussi à contacter l’Agence pour la sécurité de l’aviation et la sécurité aérienne en Afrique et Madagascar, Asecna, qui gère la coordination entre les équipes au sol et les équipe aériennes dans les aéroports à travers le continent.
L'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), principal regroupement des compagnies opérant sur le continent et qui indique avoir 50 compagnies aériennes membres, comprenant tous les principaux opérateurs intercontinentaux africains, est formelle. Plusieurs compagnies sur le continent ont été impactées.
AFRAA confie à la BBC que, "suite à des renseignements faits auprès de nos membres et auprès des prestataires de services GDS, elle a été informée de l’impact négatif de la cyber-panne mondiale, mais pas jusqu’à l’arrêt complet des opérations aériennes. De nombreuses compagnies aériennes ont eu recours à leurs processus manuels avec l'aide des prestataires de services", sans donner plus de précision sur le nombre de compagnies touchées.
L'Association confirme que les compagnies touchées sont celles qui utilisent le système Microsoft.
Mais les compagnies et prestataires de services touchés, précise-t-elle, sont celles et ceux qui utilisent les systèmes GDS Amadeus et Galileo.
Il s'agit des outils informatiques qui informent les compagnies et prestataires de services en temps réel sur la disponibilité des billets d'avion et l'évolution des prix.
Une responsable d'AFRAA estime que les systèmes de payements situés dans certains aéroports ont également été impactés.
Conséquences mondiales
Des aéroports internationaux, notamment en Inde, à Hong Kong, au Royaume-Uni et aux États-Unis, ont signalé des problèmes, et plusieurs compagnies aériennes ont annulé des vols et signalé des retards.
Les services d'urgence ont également été affectés, certains hôpitaux annulant des opérations chirurgicales et l'État américain de l'Alaska avertissant que son système 911 pourrait être indisponible.
La société de cybersécurité Crowdstrike a confirmé que la cause de la panne mondiale était due à une mise à jour logicielle défectueuse pour ses hôtes Microsoft Windows.
La panne a également affecté l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, causant des retards au départ et à l’atterrissage des vols, même si le système fonctionne normalement.
Comment la panne est-elle arrivée ?
Ben Roberts un expert du secteur aéronautique, basé à Nairobi contacté par la BBC explique que Microsoft a déployé une mise à jour défectueuse de CrowdStrike, son application de cybersécurité.
Lors de l'installation des mises à jour, les utilisateurs ont vu apparaître un « écran bleu de la mort » sur leurs écrans.
Les PC et les serveurs concernés ont été mis hors ligne, ce qui les a contraints à entrer dans une boucle de démarrage de récupération, de sorte que les machines ne peuvent pas démarrer correctement.
Étant donné que l'application affecte le matériel physique, les utilisateurs doivent se connecter, localiser le fichier et le supprimer, ce qui est compliqué. Si l'application était basée sur le cloud, elle aurait été gérée à distance, explique l’expert.
Mais à présent, les administrateurs informatiques doivent démarrer les machines Windows affectées en mode sans échec et naviguer jusqu'au répertoire CrowdStrike.