10 choses que vous devez absolument savoir sur la Côte d'Ivoire

    • Author, Isidore Kouwonou
    • Role, BBC News Afrique
    • Reporting from, Dakar

Le pays d'Afrique de l'ouest s'apprête à vivre, le 25 octobre prochain, sa septième élection présidentielle depuis 1990 où sous pression, le père de la nation, Félix Houphouët-Boigny, après 30 ans de règne, a organisé une élection qu'il a remportée.

Aujourd'hui présenté comme un pays économiquement fort grâce à sa transformation économique régulière et remarquable selon la Banque Mondiale, la Côte d'Ivoire connaît une situation politique plus ou moins stable « depuis les troubles qui ont entouré l'élection présidentielle controversée de 2020 ».

C'est un pays riche en culture de par sa diversité et ses nombreuses ethnies, avec un secteur agricole florissant grâce à la culture du cacao et de la noix de cajou qui occupent une place de choix dans l'économie du pays.

Nous vous présentons dans cet article onze choses que vous connaissez peu et que vous devez absolument savoir sur ce pays situé sur les rives du Golfe de Guinée (Océan Atlantique) et entouré par le Ghana à l'est, le Burkina et le Mali au nord et à l'ouest par la Guinée et le Libéria.

« Akwaba » (Bienvenue ou bonne arrivée en langue akan principalement parlé dans le pays et au Ghana) sur un territoire où l'hospitalité chaleureuse est la marque déposée de ce peuple, comme il aime le proclamer.

1. La « Terre d'Eburnie » qui regorge d'éléphants

« Terre d'Eburnie », c'est l'appellation donnée à la Côte d'Ivoire dans le passé à cause de ses forêts denses qui ont permis aujourd'hui à des parcs et réserves nationaux, notamment le parc national de Taï et celui de Comoe, de rentrer dans le patrimoine mondial de l'UNESCO.

Mais grâce au trafic d'ivoire qui s'effectuait sur la côte du pays, des marchands portugais lui ont donné le nom de « Costa do Marfim », en anglais « Ivory Cost » pour, selon le chercheur ivoirien Patrice Koutouan, dire aux gens « qu'il y a des éléphants ici ».

Après l'indépendance, des propositions ont fusé pour remplacer le nom du pays en « Eburnea », la Côte d'Ivoire étant considérée comme trop coloniale. Mais ces suggestions n'étaient restées qu'à l'étape de propositions. Aujourd'hui, Côte d'Ivoire est restée.

2. Le « Kôgôra », la tenue la plus portée dans le pays

Cette tenue est fabriquée à l'aide du pagne Baoulé, l'un des plus beaux tissus africains. Le Baoulé est l'ethnie majoritaire en Côte d'Ivoire représentant 30% de la population. L'antre de fabrication de la tenue Kôgôra se trouve à Bomizambo, à une trentaine de kilomètres au nord de Yamoussokro.

La tenue est faite d'un ensemble de bonnet, de tunique et de pant-culotte. Le Kôgôra est l'un des symboles fort de la royauté en pays Koulango de Bouna.

3. Premier producteur mondial de cacao

La Côte d'Ivoire est la locomotive de l'Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA), première économie d'Afrique de l'ouest francophone et l'une des dix plus grandes économies d'Afrique subsaharienne.

Selon les données de la Banque Mondiale, Le pays a enregistré une croissance moyenne du PIB réel de 6,5 % entre 2021 et 2023 et a atteint 6 % en 2024, bien au-dessus des moyennes mondiales (2,8 %) et régionales (3,2 %). La croissance a été tirée par l'investissement privé, un secteur des services dynamique et une inflation contenue à 3,5 %.

Premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, le pays affiche depuis plus d'une décennie l'un des taux de croissance les plus rapides d'Afrique subsaharienne, selon la Banque Mondiale.

40% des fèves de cacao produites par la Côte d'Ivoire sont utilisées dans la production du chocolat dans le monde.

Aujourd'hui, le pays s'impose également comme un leader dans la transformation du cajou, avec des exportations de produits transformés dépassant 330 000 tonnes.

4. Le Nouchi rivalise avec le français

Le français est la langue la plus parlée dans le pays avec plus de 6 millions de locuteurs, la Côte d'Ivoire étant une ancienne colonie de la France.

Mais en 1980, le Nouchi, un argot qui est un mélange du français, de l'anglais et des langues locales, a fait son apparition dans la capitale économique Abidjan.

Au début, ce sont des jeunes marginaux qui en faisaient usage. Mais aujourd'hui, il s'est introduit dans la culture ivoirienne et est utilisé dans la vie quotidienne, notamment dans la musique et la publicité. Même les hommes politiques en font usage dans leur discours.

C'est une langue très dynamique qui change tout le temps avec l'apparition de nouveaux mots.

« Election c pas gnaga » (l'élection n'est pas la guerre) lancent les locuteurs du Nouchi pour interpeller les politiciens à privilégier la paix durant la présidentielle.

5. Allocodrome, des restaurants à ciel ouvert

La gastronomie ivoirienne est riche et multiple. Dans chaque quartier d'Abidjan et dans certaines villes clés du pays se trouve au moins un restaurant à ciel ouvert appelé allocodrome. On y trouve toujours les bananes plantains OU alloco, très prisées par les Ivoiriens.

Ces restaurants populaires sont dressés au bord des routes où on voit des gens assis en train de manger, boire et papoter.

En dehors de l'alloco, on peut trouver dans ces places des poissons frites, des brochettes de viandes, des poulets braisés, des frites et de l'attiéké, un plat typiquement ivoirien fait avec de la semoule de manioc qui a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en décembre 2024.

6. La célèbre rue Princesse a contaminé « tout Abidjan »

C'était un haut lieu d'expression musicale où de nombreux artistes du coupé décalé ont fait leur début.

Située au nord de la capitale économique Abidjan, notamment dans la commune de Yopougon, la rue princesse s'est rendue populaire par le grand nombre de maquis, buvettes, restaurants et discothèques qu'elle a abrités.

Cette ambiance de joie et de fête qu'on trouvait à la rue princesse a contaminé toute la capitale jusqu'aujourd'hui, malgré la destruction des bars et la fermeture de la fameuse rue .

7. La plus importante infrastructure de l'Afrique subsaharienne déjà en 2014

C'est le Pont Henri Konan Bedié inauguré en décembre 2014 par le président Alassane Ouattara.

Il a été construit avec un financement privé et est la plus importante infrastructure réalisée en Afrique subsaharienne.

Avec ses 13 échangeurs et 21 postes de péage, ce pont qui enjambe la lagune Ebrié, reliant le nord et le sud de la capitale, est long de 1 500 mètres. Les travaux ont duré 27 mois.

Aujourd'hui le pays dispose également du pont Alassane Ouattara, un autre joyau architectural, le premier pont à haubans en Côte d'Ivoire et le cinquième construit sur la lagune Ebrié.

8. Vigilance dans le « Gbaka »

Les minibus communément appelé « Gbaka » sont très actifs dans le transport en commun à Abidjan et dans d'autres villes du pays. Les autobus de la société de transport SOTRA n'arrivant pas à couvrir la forte demande.

Mais il faut être vigilants dans les « Gbaka » car remplis de petits voleurs qui peuvent, à moindre inattention, partir avec un sac à main, un téléphone ou un portefeuille. Ils sont rapides dans ces genres d'opération.

De plus, les chauffeurs de ces minibus sont réputés être des gens qui ne respectent pas toujours le code de la route.

9. La Côte d'Ivoire a son homme le plus rapide

C'est l'athlète ivoirien Arthur Cissé. Ce sprinteur est devenu jusqu'à ce jour l'homme le plus rapide de l'histoire du pays.

En 2019, il a d'abord battu les records nationaux du 60 m (6s53) et du 100 m (9s93). En 2020, il a décroché le record national au 200 m (20s23). La même année aux Championnats d'Afrique d'Asaba au Nigeria, Arthur Gue Cisse, s'offre la médaille d'argent du 100 m.

10. Crimes plus courants dans le pays

Tout n'est pas que rose dans ce pays connu pour son ambiance festive particulière. Il faut faire attention surtout dans les grandes villes.

Les crimes les plus courants sont le pickpocket et les vols de sacs à main répandus sur l'ensemble du territoire.

Egalement courant des crimes violents comme les cambriolages, les hold-up dans la rue, les voies de fait, les vols de voitures, surtout des voitures de luxe, des détournements de voitures, etc.

En dehors de cela, certaines parties du pays comme la région du nord à la frontière avec le Burkina Faso sont vivement déconseillées aux visiteurs, à cause des activités des groupes armés.