Six mois après le début d'un conflit ethnique, une grave crise alimentaire menace le Soudan du Sud.
Légende image, Des milliers de personnes ont traversé le Nil et ont fui les combats qui divisent la plus jeune nation du monde.
Légende image, Les belligérants tentent de négocier un accord dans le cadre d’une médiation sous-régionale. Beaucoup de familles se réfugient dans des communautés d'accueil comme ici à Melut, dans l'Etat du Haut-Nil. Sans biens ou le moyen de faire de l'argent, ils se sentent démunis. Un tiers de la population est susceptible de faire face à une pénurie alimentaire.
Légende image, Au Soudan du Sud, la richesse d'une personne se mesure par la taille de son troupeau. De nombreux habitants ont dû fuir en laissant derrière eux leur précieux bétail. Ils arrivent dans des communautés où les familles sont déjà dans le besoin. Ce berger de Melut brûle du fumier pour éloigner les insectes qui transmettent des maladies.
Légende image, Les forces gouvernementales et les rebelles ont été accusés de commettre des atrocités. Beaucoup de familles ont trouvé refuge dans des camps protégés par les Casques Bleus de l'ONU. Au mois d'avril, un camp de Bor, où séjournent des membres de la communauté Nuer, a été attaqué par des jeunes armés. Bothbeit, 10 ans a reçu trois balle dans la tête. Sa survie est un miracle.
Légende image, Après l'attaque, les femmes n'ont pas été autorisées à sortir du camp pour chercher du bois. Elles n'ont donc pas pu préparer de repas. Six semaines plus tard, les femmes ont pu sortir pendant une heure pour récupérer autant de bois que possible.
Légende image, La ville de Bor a changé de main à plusieurs reprises. De nombreuses personnes ont fui vers Mingkaman où l'organisation internationale Oxfam apporte son aide dans des camps informels. Même si cette zone est relativement protégée, les ressources sont rares pour les 85.000 personnes, principalement des membres de la communauté Dinka.
Légende image, Elizabeth Akuol et ses 5 enfants partagent une tente avec 20 autres personnes à Mingkaman. « Nous avons dû fuir les combats. Les rebelles nous ont poursuivis. Nous avons dû nous cacher dans les marais pendant 5 jours. J'étais sur le point d'accoucher. Je pense que c'est l'inquiétude qui a déclenché l'accouchement. Mon mari a joué les sages-femmes. Il était à mes côtés pendant tout l'accouchement mais il était inquiet. J'ai mis au monde notre fils, un peu avant l'aube. Nous l'avons appellé Swampy en souvenir de cette nuit ».
Légende image, Une semaine après leur arrivée à Mingkaman, le mari d'Elizabeth est retourné à Bor pour rapporter des vivres. Il a été tué. "Dès que j'ai su que mon mari était mort, j'ai commencé à me ronger les sangs. Je me suis demandé comment j'allais prendre soin de mes enfants. Nous n'avons pas assez de nourriture, juste un peu de grain qui n'ont pas été pillés. Les faire moudre coûte de l'argent ou alors je dois le faire moi-même. Mais je n'ai pas la force. La perte de mon mari me torture psychologiquement ».
Légende image, Loin de chez eux, ces habitants n'ont pas la possibilité de récolter leur moisson. Ce qui pourrait aggraver la crise alimentaire. Le Nil est une source de nourriture pour les locaux et les nouveaux habitants de Mongkaman. Oxfam prévoit de distribuer des équipements de pêche pour les familles déplacées.
Légende image, Pooch Mangyak est l'un des nombreux pécheurs locaux de Mingkaman. « Notre poisson est pour la consommation pas pour la vente » dit-il. « Nous mangeons ce que nous attrapons, mais ce n'est pas assez pour survivre. Nous souffrons et nous avons faim ».
Légende image, Après six mois de crise, la situation humanitaire se détériore rapidement. Stima Rose, 18 ans est orpheline depuis l’âge de 5 ans. Elle vit dans la capitale Juba où une épidémie de choléra a tué plus de 30 personnes depuis le mois d'avril. Son bébé, Moses est malade. Il vomit. Il a la diarrhée, mais il n'a toujours pas vu de médecin. « Je n'ai pas d'argent pour payer. Donc, je lui donne des remèdes traditionnels, la sève d'un arbre. Il se sent un peu mieux mais il est toujours malade ».
Légende image, Juba accueille beaucoup de communautés pauvres. La famille de Rose séjourne à St Mary, un camp dans un cimetière. « J'ai peur de mourir. Mon voisin est mort il y a deux jours » explique Rose. Galerie de Kieran Doherty pour Oxfam.