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Afghanistan : Panjshir, la vallée qui tente de résister aux Talibans
Les talibans ont reconquis le pouvoir en Afghanistan à une vitesse remarquable.
Mais alors qu'ils sont à Kaboul pour planifier leur nouveau gouvernement, il reste une grosse épine dans leur pied : une petite vallée de résistance anti-talibane située juste au nord-est de la capitale, qui refuse d'abandonner malgré le fait qu'elle soit entièrement encerclée.
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Le principal chef taliban, Amir Khan Motaqi, a appelé les habitants de la vallée du Panjshir à déposer les armes, mais rien n'indique qu'ils s'exécutent. Des dizaines de combattants talibans auraient été tués dans des escarmouches le long de ses frontières depuis le 15 août, date de la chute de Kaboul, et les combats se poursuivent.
Que se passe-t-il donc exactement dans la vallée du Panjshir et les talibans doivent-ils s'inquiéter ?
Qui sont les combattants de la résistance ?
Cette vallée de l'est de l'Afghanistan est devenue le foyer du Front de résistance nationale (NRF), un groupe multiethnique composé de milices et d'anciens membres des forces de sécurité afghanes, qui se compterait par milliers.
Les photos publiées cette semaine montrent ce qui semble être un groupe organisé, bien armé et bien entraîné.
Les combattants anti-talibans ont été rejoints par l'ancien vice-président Amrullah Saleh, mais son chef est Ahmad Massoud, dont le père était connu sous le nom de "Lion du Panjshir", et pour de bonnes raisons.
Ahmad Shah Massoud a non seulement repoussé l'invasion soviétique dans les années 1980, mais il a également repoussé les talibans dans les années 1990, avant d'être tué par des assassins deux jours avant le 11 septembre.
Son fils, âgé de 32 ans et diplômé du King's College de Londres et de l'Académie militaire de Sandhurst, est désormais déterminé à faire de même et à tenir les Talibans à l'écart. Il n'est pas seulement à la recherche de soutien dans son pays. Plus tôt cette année, il a rencontré le président français Emmanuel Macron, apparemment dans le but de trouver des alliés internationaux à l'approche du retrait des États-Unis.
Dans une interview accordée à CNN, Massoud a prévenu que les combattants de la résistance n'avaient pas changé - ajoutant que lui et ses combattants croyaient "que la démocratie, les droits et la liberté de tous les citoyens, indépendamment de leur race et de leur sexe, devaient être préservés".
Que veulent les Talibans ?
Le groupe a fait valoir l'idée que l'"Émirat islamique d'Afghanistan" des Talibans est le foyer de tous les Afghans.
La résistance de la vallée du Panjshir - aux portes de la capitale - porte un coup à cette image particulière d'unité.
Sur les médias sociaux, des hashtags exprimant un soutien à la résistance ont commencé à apparaître.
Les talibans et le NRF ont négocié mais, bien que les deux parties affirment vouloir éviter la guerre, aucun accord n'a été conclu et il semble que les pourparlers aient laissé place à des combats ouverts.
Les talibans affirment avoir envoyé des centaines de combattants, mais le Panjshir est prêt. Selon l'agence de presse AFP, les combattants talibans qui parviendront aux abords de la vallée seront accueillis par des nids de mitrailleuses, des mortiers et des postes de surveillance fortifiés par des sacs de sable.
Les deux parties affirment avoir infligé des pertes, mais les chiffres exacts sont difficiles à évaluer. Les affirmations des talibans selon lesquelles ils ont pris le contrôle de certaines zones ont également été rejetées par la NRF.
Les talibans tenteraient également de couper les lignes d'approvisionnement dans la vallée, dans l'espoir de forcer la résistance à abandonner.
A quoi ressemble le Panjshir ?
Le Panjshir, l'une des plus petites provinces d'Afghanistan, abrite entre 150 000 et 200 000 personnes, cachées derrière des pics montagneux qui s'élèvent à 3 000 mètres au-dessus de la rivière Panjshir.
Dans les années de paix, les gens ont afflué dans la vallée, attirés par les vues imprenables et la sécurité qu'elle offre.
Elle abrite une grande variété de personnes, le groupe le plus important étant celui des Tadjiks. Les habitants de la vallée ont acquis une réputation de bravoure grâce à la lutte contre les étrangers.
La vallée, historiquement connue pour ses pierres précieuses et ses mines, a bénéficié d'investissements ces dernières années. Au cours des deux dernières décennies, des barrages hydroélectriques et un parc éolien ont été construits, ainsi que des routes et une tour de radio.