Il y a quatre ans, un train Douala-Yaoundé déraillait à Eséka, à plus de 100
kilomètres de la capitale du Cameroun, faisant 79 morts et 551 blessés.
Une enquête officielle du gouvernement a attribué
l'accident à une série de facteurs, dont une vitesse excessive, une surcharge
et un système de freinage défectueux.
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La compagnie de chemin de fer n'a pas contesté ces
conclusions et 11 employés de Camrail ont été emprisonnés pour leur rôle dans
l'accident.
Michel Ossock, le directeur général adjoint de CAMRAIL,
déclare à la BBC que sa société fait d'énormes investissements pour améliorer
la sécurité de leurs trains".
Plusieurs corps n’ont toujours pas été retrouvés et les familles ont du mal à faire le deuil.
Killian Ngala de la BBC a rencontré plusieurs victimes et
proches de victimes.
Thomas Disaké, avocat, a perdu son épouse, Henriette, dont le corps n'a pas été retrouvé.
C'est la recherche infructueuse qui a été la plus traumatisante pour Disaké. "Nous sommes allés jusqu'à exhumer un cadavre dans une partie du Cameroun", raconte-t-il à la BBC.
Il dit que la douleur et l'angoisse qu'il ressent resteront probablement avec lui pour le reste de sa vie.
"Le sentiment (de perte) est là. Immeurable... indescriptible même."
Frank Foute, 29 ans, était également dans le train ce jour-là. Le journaliste est toujours en train de gérer le traumatisme de l'accident.
Il utilise maintenant son écriture comme une forme de thérapie et a écrit un livre intitulé "Le jour que je n'oublierai jamais".
"J'ai eu l'occasion de suivre une sorte de traitement avec un psychologue qui m'a aidé à surmonter le traumatisme, et le fait que j'ai écrit un livre sur ce que j'ai vécu ce jour-là, m'a également aidé à surmonter le traumatisme", dit Foute à la BBC