Le président
ivoirien Alassane Ouattara, 83 ans, a été déclaré réélu pour un quatrième
mandat, après avoir recueilli 89,77 % des voix au premier tour de l’élection
présidentielle du 25 octobre, selon les résultats proclamés par la Commission
électorale indépendante (CEI) lundi à Abidjan.
Selon les
chiffres de la CEI, le taux de participation, un enjeu important de ce scrutin,
est estimé à 50,10 %.
Sans surprise, le
président ivoirien Alassane Ouattara a réussi le « coup K.O. », la victoire dès
le premier tour, s’imposant nettement devant une opposition éparpillée et
privée de ses principales figures.
Derrière Alassane
Ouattara, "déclaré provisoirement élu", l'entrepreneur Jean-Louis
Billon est deuxième avec 3,09% des voix, a détaillé le président de la CEI,
Ibrahime Kuibiert Coulibaly.
Deux leaders de
l'opposition, dont l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été exclus du
scrutin. Quatre autres candidats étaient en lice, dont l'ancienne première dame
Simone Gbagbo, l'ancienne ministre Henriette Lagou Adjoua et l'ancien ministre
du Commerce Jean-Louis Billon.
La victoire
écrasante du président Alassane Ouattara n'est pas une surprise, car l'ancien
président Gbagbo et Thiam avaient tous deux exhorté leurs partisans à boycotter
le scrutin. Dans une déclaration publiée dimanche, le front commun de
l'opposition, composé des partis de l'ancien président Laurent Gbagbo et de
Tidjane Thiam, a dénoncé l'élection comme un « coup d'État civil », affirmant
qu'il ne reconnaîtrait pas le président Alassane Ouattara comme un dirigeant
légitimement élu.
Ils réclament de
nouvelles élections « organisées dans le strict respect de la Constitution,
crédibles, transparentes et inclusives », ainsi que la libération immédiate de
tous les manifestants arrêtés arbitrairement.
La Côte d'Ivoire
a connu une histoire politique mouvementée, marquée notamment par un coup
d'État militaire et deux guerres civiles. De ce fait, de nombreux Ivoiriens se
montrent méfiants. L'exclusion des deux principaux candidats de l'opposition
aux élections a exacerbé les tensions dans le pays.
Sur une
population de 32 millions d'habitants, 8,7 millions se sont inscrits sur les
listes électorales. Cependant, selon l'organisme électoral du pays, le taux de
participation s'est élevé à 50 %, soit un peu moins que les 53,90 % enregistrés
lors des élections précédentes. L'ancien président Gbagbo, exclu en raison
d'une condamnation pénale, et Thiam, exclu pour cause de double nationalité,
n'ont soutenu aucun candidat de l'opposition, ce qui a eu une incidence sur le
taux de participation.
Les élections se
sont déroulées dans un climat globalement pacifique, avec quelques incidents
isolés, notamment la destruction de matériel électoral.